‹ Les médications psychologiquesChapitre 120 sur 123 · Le recours a l'automatisme · texte numérisé non relu

Le recours a l'automatisme

11 n'est pas difficile de dégager les conclusions de cette longue étude en indiquant rapidement quelques notions sur la valeur pratique et sur la signification des traitements suggestifs.

Les observations précédentes m'ont permis de constater que la suggestion hypnotique entendue dans un sens précis et appliquée seule a déterminé des guérisons réelles et durables. Même en laissant de côté les malades du troisième groupe où cependant la suggestion a été loin d'être inutile, les deux premiers groupes contiennent 196 personnes chez lesquelles ce traitement a déterminé des guérisons au moins d'une année entière et presque toujours beaucoup plus longue soit avec une rapidité surprenante, soit après un traitement d'une durée très modérée. Cette constatation me paraît peu contestable et elle ne fait que confirmer les études d'un grand nombre d'auteurs que l'on a trop critiqués et trop oubliés.

Certains esprits chagrins pourront critiquer 1 importance de

ces guérisons, parce que ces observations portent sur des malades névropathes dont la maladie, dit-on, est peu grave et qui ont la réputation de guérir souvent tout seuls, sans aucun traitement. Ce sont là, h mon avis, des critiques superficielles qui ne peuvent s'appliquer aux accidents névropathiques bien déterminés comme ceux dont j'ai donné la description. Les maladies de ce genre sont le plus souvent graves et empoisonnent la vie pendant longtemps. Je viens de voir une femme, Keg., qui, à l'âge de 17 ans, a commencé des crises d'hystérie et des contractures à la suite des émotions causées par une manifestation anarchique. Elle a maintenant /jo ans et elle a encore les jambes contracturées et les pieds en varus-équin avec des rétractions tendineuses incurables. On lui aurait certes rendu un grand service en supprimant ces contractures dans sa jeunesse par quelques séances de suggestion au lieu d'attendre « que les maladies nerveuses dés jeunes filles guérissent toutes seules ». Il est impossible de nier que les innombrables guérisons décrites par les suggcstionneurs n'aient été bien souvent précises et importantes.

Quand on a accordé ce point aux anciens hypnotiseurs, il est nécessaire d'apporter aussi quelques restrictions à leurs déclarations trop ambitieuses. On se souvient qu'à la belle époque de l'hypnotisme: Wetterstrand et Forel guérissaient, disaient ils, 97 pour 100 des malades pris au hasard qui se présentaient, tandis queLiébaultet M. Bernheim se contentaient de 90 pour loo. Ce qui est plus important encore, ces auteurs prétendaient appliquer ce traitement à toutes espèces de maladies. On guérissait couramment par la suggestion toutes les aliénations, les épilepsies, le tabès, les hémiplégies organiques, aussi bien que les rhumatismes et les gastrites, on rendait la vue aux aveugles, on faisait parler les sourds-muets, comme on enlevait les migraines sans coup férir. Liébault parlait sérieusement de faire usage de la suggestion hypnotique dans le traitement du cancer'.

Hélas, je dois avoir été moi-même bien maladroit, mais puisque je veux apporter mes propres observations prolongées pendant tant d'années comme un élément du procès, il me faut avouer que mes conclusions sont infiniment plus modestes. Je viens de mettre à part 200 cas de guérisons que je considère comme intéressantes; on peut légitimement leur ajouter une cinquantaine

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