‹ Les médications psychologiquesChapitre 13 sur 123 · licrtrin, op. cit., p · texte numérisé non relu

licrtrin, op. cit., p

2. Bertrin, op. cit., p. i85, 189. Sur ce point, cf. Marcel Mangin, Ann. des Se. psychirju's. 1907, p. 845.

d'autres qui ont guéri en rentrant, quand ils n'y pensaient plus'... M Cela prouve simplement que la foi n'agit pas seule : le respect instinctif pour la richesse, pour la puissance, a fait que les rois, comme les prêtres ont pu guérir des maladies. Le voyage, \a fatigue, l'étrangeté du milieu, le changement d'hygiène physique et morale, des chocs émotionnels de toute espèce, l'influence de l'opinion publique manifestée par la réputation du remède et l'action si puissante et si peu connue de la foule, tout cela a agi sur l'esprit des malades. Zola le dit très bien dans sa peinture de Lourdes : « Auto-suggestion, ébranlement préparé de longue main, entraînement du voyage, des prières, des cantiques, exaltation croissante et surtout le souffle guérisseur, la puissance inconnue qui se dégage des foules dans la crise aiguë de la foi ^. »

Parmi toutes ces influences je voudrais en signaler particulièrement une qui me paraît importante, quoique peu connue, et que nous retrouverons plus tard, c'est l'excitation nerveuse et mentale procurée à un individu par le rôle qu'on lui fait jouer. On commence seulement à comprendre que bien des maladies physiques aussi bien que mentales sont déterminées par la dépression des forces nerveuses et que cette dépression est entretenue par toutes les tristesses, par toutes les inactions. Que de gens sont malades parce qu'ils n'ont rien à faire d'intéressant, parce que leur vie est vulgaire, plate et monotone, parce qu'ils n'ont pas d'espoir, pas d'ambition, pas de but dans la vie, parce que personne ne s'intéresse à eux et qu'ils n'envisagent pas le moyen d'intéresser jamais personne. Prenez un individu de ce genre et faites-lui comprendre qu'il va être le miraculé de la sainte Vierge, que la divinité toute puissante le choisit au milieu de milliers d'autres hommes pour lui faire une grâce particulière et bien visible, qu'il va porter en lui la preuve vivante de la vérité de la religion et servir au salut éternel d'un siècle impie. Prenez une petite femme qui s'ennuie, sans intérêt et sans rôle dans la vie, et faites-lui comprendre qu'elle va devenir une somnambule extra-lucide, capable de traverser par la pensée le temps et l'espace, d'étonner les hommes et de les combler de bienfaits ; faites-lui comprendre qu'elle va collaborer avec un homme supé-

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