Les autres traitements par la moralisation
C'est dans les ouvrages de M. Dubois (de Berne) que j'ai trouvé l'expression la plus complète et la plus typique jusque dans ses exagérations de cette forme de psychothérapie par la moralisation du malade et c'est par des citations de ses livres que j'ai essavé de la résumer. Mais il ne faudrait pas croire que cette
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conception à la fois médicale et morale soit uniquement propre à cet auteur. En réalité des méthodes de traitement tout à fait analogues ont été proposées de divers côtés à peu près à la même époque et il est intéressant de comparer ces diverses expressions de la même pensée fondamentale.
En Allemagne plusieurs auteurs, en particulier MM. Strumpell, Oppenheim, Jolly insistaient depuis longtemps sur l'influence des phénomènes psychologiques dans la genèse des maladies nerveuses, ils soutenaient que ces mêmes phénomènes pouvaient avoir une influence sur la guérison de ces troubles et qu il fallait l'utiliser. En 1906 M. H. Oppenheim publia « Les lettres sur la psychothérapie » qui ont été traduites en anglais par M. A. Bruce, dans lesquelles il donne des conseils très pratiques aux jeunes médecins sur la manière dont ils doivent utiliser leur influence morale. M. Buttersack (de Berlin), en 1908, insiste sur l'action morale que le médecin doit avoir, il analyse finement l'action des facteurs psychiques et insiste sur la grande valeur d'une philosophie optimiste. En Suisse, M. A. Forel (de Zurich) publiait en 1906 « Hygiène der nerven und des geistes im gesunden und kranken Zustande » et en 1906 « L'^âme et le système nerveux, hygiène et pathologie ».
Dans ces ouvrages M. A. Forel donne des conseils relatifs à l'éducation intellectuelle des enfants qu'il désire plus concrète, mais il insiste surtout sur l'éducation du sentiment : « Il faut inculquer à l'enfant le mépris et l'horreur de tout ce qui est mauvais et faux, du mensonge et de l'égoïsme exploiteur'. » Il admet que « le deuil et le désespoir inactifs relatifs à un bonheur perdu prennent leurs racines dans l'étroitesse et dans l'égoïsme exclusif de notre amour concentré si souvent sur certains objets spécialement choisis... Marchons toujours vers un idéal humain élevé, grand et large et ne regardons jamais en arrière » (3ii). Un point important à observer dans l'hygiène cérébrale est « de faire aussi peu attention que possible aux troubles nerveux fonctionnels de quelque nature qu'ils soient, afin de ne pas les grossir par l'habitude. .. Même les infirmités douloureuses peuvent être fortement atténuées lorsqu'on en détourne son attention par le travail, si bien qu'on peut même arriver à ne plus en souflPrir (812)... Le temps libre dont dispose tout homme même très occupé doit être