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LA MORALISATION MF.niCAl.E Hl
cas : un rhume de cerveau également s'accompagne de lésions passagères de la pituitaire et on ne le considère pas comme une névrose. Bien plus, cette crainte des maladies à lésions fait éliminer du cadre des troubles auxquels la psychothérapie peut être appliquée un groupe énorme de phénomènes, par exemple les chorées, les migraines, les épilepsies ', qui sont bien souvent considérées comme des névroses. L'épilepsie est vraiment aujourd'hui « le mal sacré », en ce sens que personne n'ose y toucher. Si on avait consacré à cette maladie si curieuse la dixième partie des études qui ont été consacrées à l'hystérie, on aurait fait des découvertes physiologiques et psychologiques de premier ordre. ]\Iais on soupçonne les lésions de l'épilepsie, tandis qu'on n'entrevoit pas encore celles de l'hystérie, cela suffit pour que les observateurs psvchologues se désintéressent de l'épilepsie et pour que les moralisateurs ne veuillent pas entendre parler de ces malades, « Il est inutile de s'occuper de l'épileptique, dit M. Dubois, parce qu'il retombe toujours dans la fatalité de son égoïsme pathologique' » (?). Il est au moins étrange de limiter le domaine de la psychothérapie dune manière aussi arbitraire et il faudra un jour renoncer à parler à tort et à travers de cette absence de lésions dans les névroses, car cela n'a aucun sens ni aucun intérêt^
Les névropathes qui seuls à l'exclusion des autres malades peuvent bénéficier de ces traitements ont encore dans^ l'esprit des moralisateurs un second caractère négatif. Ce sont des malades qui présentent des troubles mentaux, mais qui ne sont pas des aliénés. Cette séparation radicale du névropathe et de l'aliéné n'existe pas seulement dans l'esprit du public, mais elle est très fréquente, même dans la pensée des médecins. Récemment Déjerine a publié une leçon bien étrange dans laquelle il réclamait pour les seuls médecins neurologistes la clientèle des névropathes à l'exclusion des pauvres aliénistes auxquels il réservait les vrais fous. Ballet a eu beau jeu pour se moquer de cette amusante prétention.
On pourrait d'abord s'étonner de voir refuser les bénéfices de la psychothérapie aux malades qui en ont le plus besoin et chez qui une méthode de traitement déterminée par des considérations psychologiques est le plus h sa place. Mais, à mon avis, il