‹ Les médications psychologiquesChapitre 39 sur 123 · I. U. G. Gabol, Psychotherapy de Parker, II, ii, p. .iy · texte numérisé non relu

I. U. G. Gabol, Psychotherapy de Parker, II, ii, p. .iy

ger, parce qu'il jouit aux yeux du malade d'une autorité morale, parce qu'il sait agir par persuasion » (p. loi). M. Bonjour, qui a remarqué cette intervention de la suggestion dans les pratiques de M. Dubois, le lui fait cruellement observer : « Le besoin de se célébrer toujours, de répéter au malade qu'on guérit tout, est-ce quelque chose de bien moral, est-ce que cela ne touche pas au sophisme'? » Sans être aussi sévère je ferais simplement observer qu'il ne fallait pas injurier ceux qui ont compris ce rôle indispensable de la suggestion, qui l'emploient volontairement et à propos.

Cette thérapeutique n'est donc pas du tout, comme se le figurent ses théoriciens, purement rationnelle : elle fait appel à la raison et aux sentiments, et aux passions, et à l'automatisme, et à tout ce que l'on voudra. Elle cherche à utiliser tous les faits psychologiques pêle-mêle, simplement parce qu'ils sont psychologiques et qu'on a reconnu d'une manière générale la puissance de la pensée. On peut rappeler à ce propos le souvenir d'un vieux médicament qui a joué un grand rôle au moyen âge, la thériaque. C'était un médicament universel que l'on pouvait employer dans tous les cas possibles, parce qu'on y faisait entrer par centaines toutes les substances actives que l'on connaissait. On faisait avaler le tout au patient dans l'espoir que la maladie, quelle qu'elle fût, saurait trouver dans ce mélange ce qui lui convenait. Les méthodes de thérapeutique que je viens d'étudier me semblent identiques à une sorte de thériaque psychologique, qui évoque pêle-mêle tous les phénomènes de la pensée, qui fait appel à toutes les opérations mentales chez tous les malades, quels qu'ils soient, en espérant que chacun d'eux saura dans cet amalgame découvrir ce qui lui convient.

C'est là ce qui fait le grand mérite de la thérapeutique par moralisation : elle a ainsi pleinement reconnu la puissance thérapeutique de la pensée, elle la met eu pleine lumière bien mieux que ne l'avaient fait les thérapeutiques précédentes sans s'attarder aux ditLicultés scientifiques de la distinction des phénomènes psychologiques. Aujourd'hui il est presque toujours bien difilcile de faire autrement : notre diagnostic des troubles psychologiques est rudimentaire et notre connaissance des faits psychologiques essentiels est à peu près nulle. Nous essayons de

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