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CHAPITRE PREMIER LES GLÉRISONS MIRACLLELSES

Il a souvent été de mode de rire des miracles et de nier leur existence : c'est là un enfantillage, car nous sommes environnés de miracles, notre existence ne subsiste que par des miracles perpétuels et toute science a commencé par l'étude des miracles. Le miracle rentre dans une vaste catégorie de faits qui s'opposent au déterminisme scientifique. Ce sont des faits que nous ne pouvons pas prédire avec précision et surtout que ^lous ne pouvons pas produire avec certitude en faisant naître un antécédent déterminé. De tels faits, quand ils nous sont complètement indifférents sont appelés des phénomènes de hasard, quand ils nous sont nuisibles, ils deviennent la fatalité et quand de tels faits indéterminés nous sont favorables ils prennent le nom de miracles. Si j apprends qu'un inconnu a guigné le gros lot à la loterie, je dis que c'est un hasard, si jai gagné moi-même, je dis que c'est un miracle et qu'il v a une providence.

Il v a encore quelque chose de plus dans la plupart des miracles : non seulement cet événement indéterminé nous intéresse, mais nous cherchons à le produire, nous préparons son apparition. L'homme est toujours pour quelque chose dans les miracles : il v a presque toujours un magicien, un prêtre, des cérémonies, des rites consacrés, des eflorts de la part de celui qui lîénéficiera du miracle. Mais nous savons par une triste expérience que tout cela ne suffit pas pour amener régulièrement l'événement souhaité, le cérémonial même le mieux observé n'a pas le même effet sur la production du miracle que le feu sur l'ébullilion de l'eau : l'homme n'est pas arrivé à être le producteur complet, il sent qu'il n'agit pas seul, il est simplement le collaborateur de forces puissantes et malheureusiMnent capricieuses. C'est en (juoi le

miracle se rapproche de lœuvrc d'art qui est bien produite par l'homme mais qui ne peut être produite par tous les hommes ni par le même homme dans toutes les circonstances, qui résulte d'une collaboration de l'homme avec une inspiration mystérieuse et capricieuse.

S'il en est ainsi, il n est pas surprenant que la guérison des maladies ait été plus que tout autre phénomène le domaine des miracles. Elle est si souvent irrégulière, inexplicable par notre courte science, impossible à prévoir et à produire régulièrement : d'autre part elle -n'est jamais indifférente à l'homme qui la recherche passionnément et qui fait pour elle tous les sacrifices. Même sur les points où nous avons fait quelques progrès, cette guérison n'est encore l'objet que d'un «//médical, il n'est pas surprenant que dans bien d'autres circonstances moins comprises elle soit restée à l'état de miracle.

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