‹ Les médications psychologiquesChapitre 43 sur 123 · Deleuze, Instruction ^clique , 1826, p · texte numérisé non relu

Deleuze, Instruction ^clique , 1826, p

3. Charpignon, Pliysiologic, médecine du magnétisme. 18/48, p. 82.

insiste sur le problème médico-légal déjà signalé par Charpignon, il insiste aussi sur les suggestions à développement dans lesquelles tout un rêve se développe dans l'esprit du sujet sous forme d'hallucinations et d'actions. Lun des exemples les plus curieux est présenté comme un rêve de métamorphose de la personnalité*. Il faut aussi signaler à la même époque les études remarquables sur ces questions de Perrier (de Caen), i849-5/i, qui a surtout étudié les hallucinations et les contractures provoquées. Déjà à cette époque, ne l'oublions pas, car ce petit fait aura plus tard une certaine importance historique, on recherchait chez les somnambules certains phénomènes de contracture qui se développaient plus ou moins facilement quand on touchait la peau ou quand on frappait les muscles.

En général on ne- rend pas assez justice à tous ces auteurs. M. Durand ('de Gros), qui s'indignait cependant du sans façon avec lequel il y a quelques années on répétait toutes ces expériences de suggestion en laissant croire que Ion venait de les découvrir, ajoutait : « Tout ce qui constitue le bagage de nos modernes suggestionneurs contemporains, comme procédés expérimentaux et comme observations était déjà offert avec de riches et abondants détails dans un traité américain dont la première éoition est do i85o, the philosophy of electrical psychology by John Bovce Dods. » D'autres auteurs ont l'habitude de rattacher ces études à l'œuvre du médecin de Manchester Braid qui se place vers 18^2. Cet auteur a été récemment très bien étudié par M. Bramwell (Brain, 1896), qui naturellement lui fait la part trop belle. Il semble probable que l'usage du mot « suggestion » date de Braid, mais en laissant de côté pour le moment les théories il n'y a pas dans l'œuvre de Braid de faits nouveaux qui n'aient été déjà très bien décrits dans les ouvrages de Puységur. de Bertrand, de Deleuze, de Charpignon et il est assez curieux de remarquer que les phénomènes fondamentaux ayant été constatés dès le début, on ne leur a plus ajouté par la suite aucune découverte bien intéressante.

Des progrès plus remarquables ont-ils été faits dans l'interprétation des phénomènes ? L'interprétation purement mécanique qui supprime tout caractère moral à de tels faits n'a guère été en honneur dans les débuts de ces recherches : cette interprétation

I. Diipotot, Journal ilu magnétisme. VIIT, p. 896, âgS ; 18^9. p. 089.

était indiquée clans les travaux de Haidenhain, elle fut développée en i8/iO dans les livres de Prosper Despine, puis dans ceux du P"" Mac Kendrick (de Glascow). Cette conception a été reprise dans un article du D'' Hart, directeur du British médical journal, dans la iQth century, janvier 1896. J'ai déjà discuté cette interprétation dans un des premiers chapitres de mon livre sur l'automatisme psychologique. M. Bramv^^eil a reproduit les mêmes arguments à propos du travail de M. Hart'. En réalité ces explications mécaniques tout à fait prématurées n'ont guère été en honneur et dès le début les premiers observateurs ont bien compris qu'il s'agissait là de phénomènes psychologiques. Mais Puységur et Deleuze croyaient qu'il s'agissait de phénomènes psychologiques tout à fait anormaux, exclusivement propres à l'état de somnambulisme provoqué et par conséquent tout à fait sous la dépendance du magnétisme qui était censé produire le somnambulisme lui-même.

La théorie de la suggestion repose au contraire sur une conception toute différente. Le véritable fondateur de cette théorie est Bertrand. A. Bertrand, ancien élève de l'école polytechnique, puis docteur en médecine, l'un des rédacteurs scientifiques du Globe et du Temps, s'était intéressé vivement aux phénomènes du magnétisme animal et prétendait que l'on pouvait parfaitement se débrouiller au milieu de ce fatras. Il croyait que l'on pouvait arriver à les expliquer, à les soumettre au déterminisme scientifique si l'on étudiait suffisamment l'état mental des sujets et les modifications maladives ou artificielles qu'il pouvait présenter. Il était aidé par l'un des plus remarquables parmi les médecins qui s'adonnaient à ces études, par Despine (d'Aix) qui lui communiquait toutes ses notes sur le somnambulisme et la catalepsie-. Bertrand avait l'intention de publier une sorte d'encyclopédie en six volumes sur ces phénomènes de psychologie pathologique; le volume qui existe et qui d'ailleurs n'a été publié qu'après sa mort n'en est que l'introduction. Dans cet ouvrage Bertrand développe cette conception générale que les phénomènes psychologiques observés pendant l'état magnétique ne sont pas des phénomènes exceptionnels, que ce sont des phéno-

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