I. Journal du magnétisme, VIII, p. /i
a. Ellis, Traité de l'Aliénation. iS^o, p. i55.
L'HISTOIRE DE LA SUGGESTION ET DE LHYPNOTISME l'.7
tement à toutes les maladies dans lesquelles l'imagination semble jouer un grand rôle.
Il semble que, du moins au début, les hypnotiseurs aient été moins ambitieux et plus prudents que les magnétiseurs. Ils ne prétendent pas guérir toutes les maladies et les observations qu'ils citent montrent qu'ils essayaient surtout de traiter des affections nerveuses. Bertrand parle de la guérison d'extatiques et de somnambules. Charpignon étudie « la part de la médecine morale dans le traitement des maladies nerveuses », 1862. Braid rapporte surtout des cas de guérison de contractures, « contracture du cou vers l'épaule gauche, datant de six mois, guérie en deux séances », des guérisons de douleurs et de troubles de la sensibilité; il espérait particulièrement agir sur la surdité, mais il ne semble pas chercher suffisamment à distinguer les surdités organiques et les surdités lonctionnelles. Despine (d'Aix) parle de l'usage de l'hypnotisme dans l'éducation, il l'applique surtout au traitement des hystériques et cite des cas très remarquables. Je ne parle pas ici de sa plus belle observation relative au traitement d'Estelle : les procédés employés dans ce cas me semblent dépasser la suggestion et l'hypnotisme proprement dit, nous en retrouverons l'étude quand nous étudierons les procédés d'excitation, d'aesthésiogénie. Lasègue remarquait que (( le sommeil est le plus puissant modificateur du système nerveux puisqu'il préserve de l'hystérie, arrête la chorée et provoque l'épilepsie ». Morel, dans le traité des maladies mentales, considère déjà l'hypnotisme comme le traitement de l'hystérie et Georget prétendant qu'il obtenait de bons résultats en hypnotisant des aliénés *.
Je n'ai pas cité plus tôt l'ouvrage de Liébault, 1860-66, parce que, à mon avis, il présente peu d'intérêt au point de vue de la théorie de la suggestion. Ce livre, en effet, reproduit à peu près sans modifications l'enseignement contenu dans le livre de Noizet. C'est à cause de cette remarque que je considère comme très probable l'influence de Noizet, l'élève de Bertrand qui a longtemps séjourné à Metz, sur l'école de Nancy qui procède de Liébault. /^lais l'ouvrage de Liébault reprend toute son importance si on le considère au point de vue thérapeutiques Ce médecin très généreux, qui avait sur une foule de malades une grande