‹ Les médications psychologiquesChapitre 49 sur 123 · L'ÉCOLE DE Nancy · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE DE Nancy

En 1884 paraissait sous la forme d'une petite plaquette de iio pages, simple, alerte, facile à lire, le manifeste d'une autre école. M. Bernheim, professeur à la faculté de médecine de Nancy, faisait connaître les recherches (ju'il poursuivait depuis plusieurs

LHIStOIRE DE LA SUGGESTION ET DE LHYPNOTISME loT

années tout à fait indépendamment de l'enseignement de Paris et il laissait entendre qu'il comprenait les choses d'une toute autre manière. « C'est à M. Liébault, docteur en médecine à Nancy, disait-il en commençant son livre, que je dois la connaissance de la méthode que j emploie. » Nous connaissons le livre de iSI. Liébault et ses orioines dans l'enseiô'neraent de Noizet, de Bertrand, de Faria : il s'agit donc de l'ancienne conception « animiste » qui tendait à expliquer les phénomènes du magnétisme animal par des faits psychologiques et en particulier par le pouvoir des idées.

M. Bernheim, en effet, ne se place pas du tout au même point de vue que Charcot : la question de la simulation et les précautions à prendre pour s'en défendre, ne l'arrêtent pas un moment. C'est à peine s'il y fait une fois une allusion discrète: « Sans doute, dit-il, on peut rencontrer des sujets qui simulent sciemment ou qui par complaisance se croient obligés de simuler... Ici, comme en toutes choses, l'expérience apprendra à discerner, si l'influence obtenue est réelle'. » En réalité, M. Bernheim n'a pas tort; on ne peut pas s'arrêter indéfiniment dans l'étude de phénomènes pathologiques ou physiologiques en songeant qu ils peuvent à la rigueur être de temps en temps simulés par de mauvais plaisants: il faut savoir courir certains risques car ce problème de la simulation n'a pas un intérêt général et n est important que dans des cas particuliers. Mais l'opinion publique autrefois n'était pas de cet avis et elle arrêtait tous les chercheurs en leur opposant la simulation possible. Ce n'était que depuis les travaux de Ricliet et la consécration officielle de l'enseignement de Charcot que l'on pouvait passer outre et le livre de M. Bernheim aurait passé inaperçu sans les travaux périlleux de ces deux auteurs : il ne faut pas trop l'oublier. M. Bernheim le reconnaît d'ailleurs en partie quand il cite ces travaux avec reconnaissance (p. 8i).

Ne s'occupant pas du tout de la simulation, cet auteur ne cherche pas à caractériser l'étal dans lequel il plonge ses sujets, il décrit simplement les procédés qu'il emploie pour les transformer et les résultats qu'il obtient, Après avoir rassuré le malade en lui expliquant qu'il s'agit d'un simple sommeil que l'on peut provoquer chez tout le monde, « Je lui dis, regardez-moi bien et ne songez qu'à dormir, vous allez sentir une fourdeur

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