I. — L'hypertrophie d'une tendance
D'autres auteurs ont eu le sentiment de l'importance de ces conditions et nous rencontrons plusieurs théories dont chacune a de l'intérêt. L'une met en évidence un des phénomènes qui semble avoir une influence déterminante sur la suggestion, l'autre veut tout expliqaer par un autre phénomène, mais en même temps elle montre qu'il joue également un rôle. Nous arriverons à la conception que la suggestion est un phénomène complexe qui dépend de la réunion dun assez grand nombre de circonstances.
Malheureusement il est impossible aujourd'hui d'indiquer des conditions physiologiques nettes de ce phénomène. Quelques auteurs l'ont essayé : Durand (de Gros) parlait autrefois de congestions nerveuses, Jendrassick^ parlait de modifications circulatoires de l'encéphale; M. Bramwell préférait donner un rôle à une certaine paralysie des fibres blanches de Bennet. Ces théories ne sont ni vraies ni fausses, on ne peut rien en dire. A mon avis, les conceptions physiologiques de ces phénomènes ne seront possibles qu'après le développement de théories psychologiques nettes et exactes.
Une des théories psychologiques les plus simples se rattache à la conception précédente qui fait de la suggestion un phénomène normal, commun à tous les hommes. Puisque la suggestion est l'activation rapide et presque complète d'une tendance nestil pas vraisemblable de la rattacher au développement même de cette tendance qui serait trop puissante, trop prompte à se déclancher sous la plus légère stimulation. Il en est ainsi certainement dans certaines impulsions dont nous avons rapproché les suggestions : un ivrogne invétéré aura immédiatement une impulsion à boire si on lui présente un verre dalcool, un individu amoureux ou un individu jaloux obéiront à l'impulsion si on