I. Congrès de psychothérapie, 1910, p
3. Journal fiir psycho-analytische Forschungen, 1910, I, p. i.
3. E. Joncs, Journal of abnormal psycliology, 1910, II, p. '215-254-
ment à cette interprétation et il voit dans la supjgestion un transfert d'une tendance enfantine à lobéissance amoureuse^ « et en somme, tous les sujets obéissent au suggestionneur parce qu'ils l'aiment plus ou moins. » Si je comprends bien cette thèse, les suggestions sont exécutées pour faire plaisir à une personne bien aimée, pour acquérir ses bonnes grâces et lui inspirer un amour réciproque et nous pourrions résumer ces deux théories assez voisines en disant que la première explique la suggestion par une exagération de l'obéissance et la seconde par une exagération de la complaisance.
Pour pouvoir apprécier la valeur de ces interprétations il faudrait savoir exactement comment les auteurs comprennent cette obéissance et cette complaisance, quelle nature psychologique ils leur attribuent: ce qui n'est malheureusement pas facile. Veulent-ils parler d'une obéissance et d'une complaisance réfléchies et volontaires dans lesquelles le sujet se rendrait compte qu'il obéit et jugerait que cela peut servir son intérêt ou son amour? Il n'est pas difficile de constater des cas de ce genre : j'ai connu autrefois un service d'hôpital où le médecin, excellent homme, mais peu psychologue et adepte convaincu de l'école de Nanov, se vantait de suggestionner tous les malades et passait triomphalement devant chaque lit en ordonnant quelque action grotesque que chaque malade exécutait aussitôt. Derrière son dos les malades ricanaient et se vantaient d'avoir fait toutes ces grimaces pour avoir un verre de vin. Autre exemple, les psychasléniques sans volonté semblent souvent être extrêmement dociles : ils font tout ce qu'on leur dit de faire, même quand l'action leur déplaît, ils semblent accepter toutes les opinions de leur interlocuteur, même quand celui-ci est visiblement moins intelligent qu'eux et quand ils savent son erreur. C'est qu'ils aiment avant tout leur tranquillité et qu'ils ont peur de l'effort cl de la lutte, c'est qu'ils tiennent énormément à conserver l'affection des autres et qu'ils ne redoutent rien tant qu'une animosité qui leur préparerait des luttes dans l'avenir. Si les auteurs précédents veulent parler d'obéissances et de complaisances de ce genre, la réponse est bien simple : les faits de ce genre ne sont en aucune manière des suggestions et les discussions précédentes