Munsterbcrg, Psychotherapy, 1909, p. laS
4. Jones, The action of suggestion in psychotherapy. Journal of abnormal psychology, 1907-08, p. 217-254-
5. Terrien (ilc Nantes), Archives de neurolmjie, 1907, p. i!i~.
. • Nous arrivons ainsi à une première conclusion : la suggestion
dépend d'une dépression de l'esprit, soit que cette dépression soit passagère en rapport avec la fatigue ou l'émotion, soit qu'elle soit durable et dépende d'une de ces névroses qui est précisément caractérisée par la dépression.
La plus grande difficulté qui subsiste c'est que toutes les dépressions ne sont pas capables de donner naissance à la suggestion et qu'il faut préciser le degré et la forme de la dépression qui doit intervenir ici. Les anciens auteurs avaient déjà remarqué que la suggestion proprement dite n'existe pas chez les idiots et chez les déments : chez de tels malades, les diverses tendances sont dissociées et ne peuvent plus guère prendre la forme d'idées et d'assentiments.
On peut observer de même que dans la mélancolie, la manie ou dans le délire psvchasténique on ne rencontre guère de phénomènes analogues à la suggestion. Je crois que ces dépressions très profondes atteignent et troublent les fonctions de l'assentiment immédiat. Ces malades ne sont plus capables de vouloir et de croire même d'une manière immédiate, leurs raptiis sont des activations plus inférieures analogues à des réflexes dans lesquelles les tendances ne s'arrêtent pas au stade de l'idée ni même du désir et qui ne doivent pas être confondus avec des impulsions ou des suggestions. « Certains esprits sont donc au-dessous de la suggestion comme certains malades infectés sont incapables de faire de la fièvre '. »
Je dirais également qu'il y a des degrés de dépression légère dans lesquels la suggestion n'existe pas non plus. Dans mes cours au Collège de France où je cherchais à décrire et à classer tous les degrés delà dépression, je plaçais les tristesses et ensuite les paresses d'esprit au début des dépressions juste au-dessous du niveau moyen de la tension normale. La dépression de la tristesse n'atteint que les derniers degrés de l'activation, ceux qui ont rapport au triomphe, ceux qui terminent et qui couronnent l'acte. La paresse, qui descend plus bas, atteint la région de l'effort et toutes les tendances qui en dérivent comme le travail, les opérations qui font passer l'acte de la décision à l'exécution. Mais la suggestion, comme on l'a vu, ne réclame pas des opérations de ce genre ,