‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 100 sur 167 · Del Cortegiano, lib. I, p · texte numérisé non relu

Del Cortegiano, lib. I, p

Guid' Dbaldo, son fils, et la femme de celui-ci, Elisabeth, des Gonzaga de Mantoue, obtiennent les mêmes éloges. Et Castiglione narre avec non moins d'amour et de charme les divertissements, les doctes entretiens, des beaux-esprits, des cavaliers et des beUes dames, qui se réunissaient autour du duc et de la duchesse... Ne dirait-on pas le prélude inédit de quelque conte du Décaméron?

« Toujours on y trouvait madame Emilia Pia, laquelle, pour être douée d'un si vif esprit et jugement, comme vous savez, paraissait la maîtresse de tous... Là donc, les suaves raisonnements et les honnêtes facéties avaient cours, et sur le visage de chacun se voyait peinte une expansive hilarité, de manière que cette maison se pouvait nommer la propre demeure delà gaieté ; et je ne crois pas que jamais en autre lieu on ait goûté quelle est la douceur qui dérive d'une compagnie aimable et chérie, comme on le vit là en un temps. Sans parler de Thonneur qu'il y avait pour chacun de nous à servir un tel seigneur,... un suprême contentement gagnait Tâme de chacun^ chaque fois que nous nous retrouvions en présence de madame la Duchesse; et il semblait qu'elle fût une chaîne qui tous en amour nous tînt unis, tellement que jamais ne fut concorde de volonté ou amour cordial entre frères plus grand que celui qui là régnait entre tous*. »

Cette « chaîne d'amour » n'achève-t-elle pas le tableau, — platonicienne réminiscence que Marsile eût avouée, et qui semble, dans les bosquets du château d'Urbin, un écho des jardins de Careggi ?

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