De Immort, animœy cap. ix, p
qu'elle a besoin du corps en tant que sujet, puisqu'elle ne peut s'acquitter de son office que dans un organe, et parce qu'elle a besoin du corps en tant qu'objet. Mais l'âme intermédiaire, qui est rintellect humain, n'est en aucune de ses œuvres totalement affranchie du corps, et elle n'y est pas non plus totalement immergée. C'est pourquoi elle n'aura pas besoin du corps en tant que sujet, mais elle en aura besoin en tant qu'objet. Ainsi, placée en un mode moyen entre l'abstrait et le concret (inter ABSTRACTA ET NON abstracta), cllo sora l'actc d'uu corps organique. Car les intelligences (supérieures), en tant qu'elles sont des intelligences, ne sont pas des âmes, en ce que d'aucune façon elles ne dépendent ainsi d'un corps ; mais elles le sont en ce qu'elles meuvent les corps célestes. Mais l'intellect humain, dans toute son œuvre, est acte du corps organique, puisqu'il dépend toujours du corps en tant que celui-ci est son objet. La différence entre l'intelligence (supérieure) et l'intellect humain tient à la dépendance de l'organe, parce que l'intellect humain reçoit et s'accomplit par l'objet corporel, quand il est mu par lui. Mais l'intelligence ne reçoit rien du corps céleste, elle lui prête seulement. Enfin l'intellect humain difTère de la vertu sensitive par la dépendance du corps, parce que la vertu sensitive en dépend subjectivement et objectivement, et que l'intellect humain en dépend seulement objectivement. Et ainsi, en un mode mitoyen, entre les choses matérielles et les choses immatérielles, l'humain intellect est l'acte d'un corps organique. C'est pourquoi ce n'est pas d'une seule et même manière que les Corps célestes, les Hommes et les Bêtes sont des Animaux, puisque ce n'est pas d'une seule et môme manière que leurs âm£s sont les actes d'un corps physique organisé * Hoc. . . totum consonat naturœ quœ gradatim procedit *. »
C'est presque la formule de Linné : Natura nm facit saltus.