De Immort, animœ, cap. xiv, p
2. « Omnes hujus senteiitiae sectatores fuerunt et sunt viri impiissimi et scelestissimi, sicut Epicurus ignavus, flagitiosus Âristippus, insanus Lucretius, Diagoras dictus Âthcnis Epicureus, bestialissimus Sardanapalus, et omnes quorum conscientia premîtur a flagitiosîs criminibus. At contra viri sancti et justi quorum immaculata est conscientia, asseveranter eam immortalem pronuntiant. » {De Immort, animce, cap. xiv, p. 103.)
430 LES MÉDIGIS.
le rapporte au livre II de Anima, croyait que la sensibilité ne différait pas de l'intelligence. Et qui ignore quelle était la dignité d'Homère ? Hippocrate également, et Galien, hommes très doctes et excellents, professent la même opinion. Alexandre d'Aphrodisée, le grand Aliarabe, Abou-Bakre, Avempace, et, parmi nos compatriotes, le second Pline^ Sénèque, et un grand nombre d'autres, fiirent de cet avis. Sénèque en effet, au livre septième des Épîtres à Lucilius, lettre 54^, qui commence ainsi : Longum mihi comitatum dederat mala valetudo, et plus ouvertement in De Consolatione ad Matiriam, affirme que Fâme est mortelle ; et il compte beaucoup d'autres hommes studieux et très doctes qui furent de cette opinion. Et cela, en vérité, parce qu'ils estimèrent que la vertu seule est la félicité, que le vice est proprement le malheur, et qu'ils négligèrent les autres biens, à moins qu'il ne servissent en quelque chose la vertu, rejetant loin d'eux tout ce qui s'oppose à la vertu. Il faut croire aussi que beaucoup d'hommes ont pensé que l'âme était mortelle, bien que cependant ils aient écrit qu'elle était immortelle. Mais ils ont fait cela à cause de l'inclination au mal des hommes qui ont peu ou point d'intelligence, et, ne connaissant point les biens de l'âme, ne les aimant pas, s'adonnent seulement aux plaisirs corporels . Aussi est-il nécessaire de les guérir de ces idées, de la même manière que se comportent le médecin à Tégard du malade, la nourrice à l'égard de l'enfant qui n'a pas encore sa raison. Par ce moyen, — je pense, — et d'autres, ils peuvent être soulagés. Quant .à ce qu'on soutient communément, que, si l'âme est mortelle, l'homme devrait se livrer tout entier aux voluptés du corps, commettre toutes les mauvaises actions qui lui sont utiles, qu'en ce cas il serait vain d'adorer Dieu, d'honorer les choses divines,»., et quant aux autres choses du même genre qui se peuvent ajouter, la réponse est assez claire dans ce qui a été dit ci-dessus. Car, comme naturellement on appète le bonheur et Ton fuit rinfortune> comme, en vertu de ce dont nous sommes convenus, le bonheur consiste dans l'acte vertueux, l*infortune dans l'acte vicieux, comme adorer Dieu de tout son cœur, honorer les eboses
POMPONAGE. 431
divines, répandre ses prières vers Dieu, sacrifier, sont les actes les plus vertueux, nous devons travailler de toutes nos forces à l'acquisition de ces biens véritables. Réciproquement, les larcins, les rapines, les homicides^ sont des vices qui transforment rhomme en béte. Il faut donc s'en abstenir. Considère que celui qui agit avec un zèle bonnête, et n'attend pas d'autre prix de sa vertu^ paraît agir plus vertueusement et plus généreusement {magis ingénue) que celui qui, outre la vertu, attend une autre récompense. Celui qui fuit le vice à cause de la bonté du vice, non à cause de la crainte des peines dues pour le vice, parait plus louable que celui qui évite le vipe pai* peur de la peine. D'après cela, les bons haïssent depécberpar amour de la vertu, les mauvais haïssent de pécher par appréhension de la peine. Aussi ceux qui, avec plus d'élévation, affirment l'âme mortelle, semblent mieux défendi^e la raison de la vertu que ceux qui affirment que l'âme est immortelle. Car l'espoir de la récompense et la crainte de la punition paraissent communiquer quelque servilité, i qui est contraire à la raison de la vertu ^. >
« Spes namqueprœmii, et pœnœ timor, videntur servilitatem quamdam importare, quœ rationivirtutis contrariatur^, »
« L'homme est le résumé du monde, — un Micro^ )) cosme... » Touchant à la Bête par ses passions, aux Dieux par sa raison, il n'est véritablement homme que par rintellect et par la vertu.
f Ainsi, — bien que l'âme soit mortelle, -^ nul ne doit, mé* prisant la vertu, suivre les voluptés, à moins qu'il ne préfère la folie à la raison, la Bête à l'Homme ^. »