‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 136 sur 167 · p. POMPONAT , Deincantat.f cap. i, p · texte numérisé non relu

p. POMPONAT , Deincantat.f cap. i, p

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chose comprise à ses effets. « Quoniam effectus estsuperioris, »

Mais ni l'un ni l'autre de ces cas n'est celui de Tintelligence-démon.

Elle n'est pas l'effet d'intelligences inférieures ;

Elle n'est pas, quant à ces intelligences, dans le rapport de cause à effet. — Ceux qui affirment l'existence des démons les conçoivent comme appliquant des activités à des passivités [activa passivis)^ et non comme créant les choses elle-mômes.

II. — Dira-t-on : Le démon comprend en vertu d'une essence distincte de lui-même démon?

Par exemple, le démon comprend Socrate en vertu de l'essence même de Socrate.

Mais il est inintelligible qu'une chose matérielle puisse être l'intellection et la forme d'un intellect.

Si l'on pose, au contraire, que Socrate n'est la forme de l'intellect que par son être immatériel, on n'aura pas en un tel être le vrai Socrate. On ne l'obtiendra qu'en tant qu'il existe dans Y immatériel productifs soit en Dieu, soit en l'intelligence mouvant le ciel, ou en tant qu'il est représenté par l'espèce intelligible. Mais aucun de ces Socrates ne sera l'être réel de Socrate.

En outre, Socrate, selon son être immatériel, est uni versel. Or l'universel ne représente pas plus celui-ci que celui-là. « Quare sic omnia reprœsentarentur^ et inteU

ligerenitur. » Et, comme les démons comprennent les choses passées, présentes et futures, ils comprendraient

ut LES MÊDIGIS.

en ce cas une chose finie sous le mode infini. Ajoutez que, ces choses n'étant pas comprises par un démon mieux que par un quelconque de ses pareils, — ou (ce qu'on ne prétend pas) tous produiraient égalementreffet en question, — ou l'on ne pourrait assigner une cause rationnelle à la production de l'effet plutôt par l'un que par l'autre.

III. — Dans la troisième hypothèse, les démons comprennent les choses particulières au moyen des espèces.

Cette partie de la réfutation échappe à l'analyse*. Mais, fidèle à sa conception des <c intellects séparés », notre philosophe s'attache à prouver qu'en leur qualité d'entités universelles placées entre Dieu et les esprits inférieurs, ces intellects n'embrassent que les rapports généraux des choses, — les universaux^ non les réaux^ — pour parler comme les vieux sorbonnistes. « Les choses sensibles, dit-il, ne peuvent agir sur notre intelligence, qu'elles n'aient d'abord agi sur nos sens. Combien moins agiront-elles sur des intellects entièrement abstraits ! »

« Si les démons, conclut notre auteur, ne peuvent opérer de telles choses sans les vouloir, et s'ils ne peuvent les vouloir sans les comprendre; — si, d'ailleurs, ils ne peuvent les comprendre qu'au moyen d'un des modes assignés ci-dessus, et qu'aucun de ces moyens ne soit possible pour les démons, les démons en conséquence ne peuvent opérer de telle œuvres. »

1. Pour toute Targumentation , voy. Pomponàt., ht Incantat,, cap. i, p. 7-19.

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Reste; pour expliquer ces faits, l'opinion d' Avicenne : — Toute substance matérielle obéit à Tintelligence de Thomme convenablement ordonnée et élevée au-dessus delà matière*.

L'Église a condamné cette opinion: Pomponace la tient donc pour divinement fausse, mais humainement jielajuge pas contraire aux idées d'Aristote^

Au risque de l'obscurcir, il fallait resserrer encore cette argumentation abstruse et serrée.

Convaincu qu'elles partent du vide pour y aboutir, l'esprit moderne se cabre à l'effort exigé de qui veut saisir ces déductions subtiles. Pour être abordés, il faudrait que ces saharas sans oasis menassent quelque part. Peu d'explorateurs y voyageront par attrait d'y voyager. Déserts de la pensée pure, où l'intelligence d'un petit nombre se plaît à suivre, aux traces qu'elles laissèrent sur l'immensité aride, les exodes de la Métaphysique!...

A un autre point de vue, cependant, ces explorations ont un intérêt qui s'impose à tous. L'histoire de l'esprit est l'esprit de l'histoire : et cette histoire ne se connaît avec quelque profondeur que si celui qui l'étudié repasse, pour ainsi parler, par toutes les étapes de la pensée humaine, religieuse et sceptique, théologique, métaphysique, positive. S'il entre, suivant le temps et le lieu, dans la raison delà croyance, de la négation ou du doute

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