POMPONAT. j De Incantat.i cap. iv, p
POMPONACE. 151
pîriques guérissent parfois, en les appliquant, des maux rebelles à la médecine ordinaire.
Notre philosophe fait d'ailleurs dans ces prétendus phénomènes la part de la supercherie. Il explique par une impulsion insensible de celui qui le tient l'agitation d'un crible qui semble se mouvoir de lui-même, à l'ordre d'un enchanteur placé à distante. Voilà déjà nos tables tournantes.
Mais il est moins dangereux de faire danser des tables qu'il ne l'était de faire valser des cribles. Témoin ce Reazzo, dont Pomponace avait vu les expériences à Mantoue et à Padoue, et qui ne se tira des griffes de l'Inquisition qu'en prouvant qu'il n'y avait d'autre diablerie dans l'affaire que l'habileté de ses doigts \
Pomponace pourtant ne nie pas que de pareils phénomènes, non plus que l'expérience du miroir magique où des figures apparaissent tout à coup d'elles-mêmes, ne puissent parfois s'accomplir en réalité par des causes naturelles. Mais ils sont d'ordinaire le résultat d'une illusion ^*
Notre auteur s'enhardit : il aborde les prodiges consacrés par la légende eatholique.
On retrouve, anticipée, l'argumentation du Vicaire Savoyard à propos des miracles de Moïse reproduits par les magiciens de Pharaon, dont les moyens d'action rentrent, en vertu de l'analyse précédente, dans la classe
1. Pompon AT., De Incaniat,^ cap. iv, p. 56* â. De Incantat.f cap. iv, p. 60.
des phénomènes naturels. Cette assimilation se poursuit pour les miracles des prophètes de l'Ancien Testament, pour ceux du Christ lui-même ; elle s'applique aux visions de sainte Catherine de Sienne et aux fameux stigmates de saint François d'Assise attribués à la même puissance productrice de l'imagination qui imprime dans le ventre de la mère des signes au fœtus K
Mais le docte Naudé suppose à tort que la résurrection de Lazare est attribuée par Pomponace aux forces naturelles. Le passage invoqué est formellement contraire à cette appréciation: — « Bien que quelques faits rapportés, tant dans l'histoire de la religion de Moïse que dans celle de la religion du Christ, puissent être superficiellement {super ficialiterl admirez la prudence 1) rapportés à une cause naturelle, il y en a beaucoup cependant qui ne sauraient être ramenés à une telle cause. Il en est ainsi de la résurrection de Lazare mort depuis quatre jours et en putréfaction, de l'aveugle de naissance rendu voyant, du rassasiement de tant de milliers d'hommes avec cinq pains et deux poissons*, j^
Quand on s'impose la tâche de suivre consciencieusement en ses détours la pensée de Pomponace, on ne voit