De Incantat.f cap, x, p
POMPONACE. 455
une distinction entre la volonté, — matérielle et nécessitée par son union au corps, — immatérielle et libre en tant qu'opérant au-dessus, indépendamment de lui.
(( La difficulté est pourtant très ardue. » Je le crois bien, et il en renvoie la solution complète, objet de son livre du Libre arbitre ^
Cette théorie mène directement à Tastrologîe judiciaire... « Cognosccts super os in hmc inferiora non operari nisi mediantibus corporibus cœlestibus ^. »
Parmi les effets naturels, bien qu'extraordinaires, produits par l'action divine s'exerçant par ses intermédiaires, notre auteur n'oublie pas l'inspiration des poètes, cette divine folie que Platon célèbre dans son dialogue d'/o^^. Aristote s'accorde avec lui à reconnaître cette infusion de la vertu d'en haut transformant parfois des hommes très ignorants en interprètes des mystères cachés de la science humaine.
N'y a-t-il pas un rapport frappant entre cette définition de Yinspiré et celle qu'un siècle et demi plus tard Spinoza formulait?
a Heman, Darda, Ealchol, étaient des hommes d'une )) profonde érudition, et cependant ils n'étaient pas * prophètes; au lieu que deô hommes grossiers, sans » lettres, et même des femmes, comme Hagar, la servante » d'Abraham, jouirent du don de prophétie. Tout ceci » est parfaitement d'accord avec l'expérience et la
1. PoMPUNAT., De Incantat.y cap. xii, p. 224-225. 2 PoMPONAT., De Incantat., cap. x, p. 122.
456 LES MÉDIGIS.
» raison. Ce sont, en effet, les hommes qui ont Timagit nation fo^e qui sont les moins propres aux fonctions » de l'entendement pur, et réciproquement... * »
Pour expliquer comment le prophète s'excite à recevoir l'influence des cieux, l'austère philosophe risquera cette similitude (il s'agit d'Elisée) :
c — Quamvis... ex natura esset vates, non deducebatur tamen ad actum illum, nisi ex illa immediata dispositione. Et perinde est yeluti aliqui homines, qui etsi sint ex natura proni ad actus Venereos, tamen priusquam ad illos actus devenîant, pertractant mamillas, osculantur, ut spiritus et sanguis calefiant, et in ultima dispositione fiant ad taies actus 2. »
Entre les influences célestes, il ne faut pas oublier la disposition de celui qui opère un prodige par cela même qu'il y croit. La foi, en ce cas, communique une vertu curative aux reliques d'un homme : elle en donnerait une à un os de chien ^ 1
Les prophètes, les sibylles, les démoniaques, doivent souvent leur faculté divinatoire à l'influence qui présida à leur génération, à leur g éniture.
c Ils ont contracté leur disposition d'après leurs principes génitifs, mais d'une manière assez éloignée et conune en puissance ; c'est pour cela que, lorsqu'ils prophétisent en.acte {cum actu), outre cette disposition éloignée, ils en ont une autre prochaine, comme cela est manifeste par la Sibylle chantée par
1. Spinoza, Traité théologico-polit.y ch. ii, édit. Saisset, t. I, p. 83.