Cf. Spinoza, Trait. théoL^oUt^y ch. i-iii
découvrit à ses auditeui's presque tous les secrets de la nature. Par là peut apparaître la cause pour laquelle Arîstote n'a pas parlé ouvertement. Car Aristote a condamné et rejeté en tout la méthode de philosopher par énigmes, métaphores et fictions... Aussi n'est-il pas étonnant que Platon ait été exalté par le vul* gaire et par les prêtres, et qu'Aristote, au contraire, ait été
repoussé et abaissé par eux Albert le Grand dit qu'Aristote
a écrit un livre dédié à Alexandre, qui a pour titre : De[lamort de rame; dans lequel il y a beaucoup de propositions contre les dieux, les lois (révélations) et les prêtres; et ce livre a été supprimé entièrement, peut-être pai* les prêtres des Gentils, peutêtre par nos pontifes. Platina, en effets écrit, dans son livre des Vieê des Pontifes, que beaucoup de livres ont été supprimés par eux. Aussi n'y a-t-il rien d'impossible à ce que ce livre soit un de ceux-là, puisqu'il est très opposé aux prêtres... * »
Déterminées comme tous les phénomènes naturels par Faction des intelligences célestes, les religions (leges) naissent, durent un temps plus ou moins long, et meurent, puisqu'elles appartiennent à l'ordre des choses corruptibles. « Ce qui commence doit finir ; il n'y a d'éternel a parte post que ce qui l'est a parte ante^. »
Le christianisme n'est pas soustrait à cette loi qui considère tous les cultes, à leur heure respective, comme également divins et révélés. Ce qui réduit à la notion d'un phénomène naturel l'idée d'une révélation divine, spéciale, que Pomponace ruine audacieusement.
Cecco d'Ascoli, — on l'a vu *, — pour une théorie très analogue, fut brûlé à Florence le 16 septembre 1328.
i. De Incantat,y cap. x, p. 198-208.