Petrarca, Trionfo délia Mortes cap. i, vers
et les attributs des personnages figurant dans celte fête funèbre.
Entouré d'un nombreux cortège de cavaliers, audessus duquel flottent dix étendards noirs, à la lueur des torches, le char, très élevé et traîné par quatre buffles, portait au sommet une Mort gigantesque, la faux en mains. Autour d'elle, en cercle, des tombeaux fermés par une trappe s'ouvraient à chaque station de la cavalcade, « au son rauque et sourd de certaines trompettes » *. Et les trépassés sortaient, serrés dans leurs vêtements de toile noire semés d'ossements en étoffe blanche. Et ils chantaient :
Morti siam corne vedete ; Cosi morti vedrem vol :
Fumme già come vol sele ; Voi sarete come noi.
L'historien de l'art, décrivant cette procession quasi religieuse oîi l'on psalmodiait le Miserere^ Vasari, se croit tenu de marquer le caractère singulier qu'elle offre comme divertissement de carnaval. C'est qu'elle fut une des dernières fêtes de cette nature, qui rappelle le génie de l'âge catholico-féodal) bien différente des mascarades mythologiques ou profanes inventées et conduites par le Magnifique.
Nous venons de citer les poésies qu'il composa pour ces cavalcades, adoptées avec fureur par la mode. L'édi-