Savonarole, 2* édition, page
galion incessante au pécheur purifié par le sang de Jésus de s'humilier sous lamain divine qui peut seule le relever.
« En vérité, dit-il, nous pouvons confesser que nous n'avons jamais fait aucun bien en cette vie ; mais toutes nos opérations sont péchés ; car, les bonnes œuvres qu'il semble que nous fassions, Lui les fait pour nous. Ainsi le marteau ne peut se glorifier contre le forgeron, disant : — J*ai fait ce clou ; — car il ne la pas fait, mais le forgeron pour lui. Ainsi nous ne pouvons nous glorifier en Dieu, disant : — J'ai fait beaucoup de bonnes œuvres ; — car tu ne les as pas faites, mais Dieu par toi, comme avec un outil. »
Mais cette royauté du Christ sur les âmes, il l'établissait au sommet de la République. Dans une conférence de magistrats et de hauts personnages, Paul-Antoine Soderini, à l'instigation du Frate^ traça le plan d'une réforme démocratique : le jurisconsulte Vespucci défendit l'aristocratie. Jérôme avait là ses orateurs comme dans les réunions populaires ; mais les avis des arrabbiati l'eussent emporté si, dit Guichardin, « Savônarole » n'eût pas fait intervenir l'autorité de Dieu dans les » délibérations des hommes... Il se mit à déclamer en » public contre la forme de gouvernement arrêtée dans » le parlement, et à prêcher avec un ton d'homme ins- -» pire, que Dieu voulait que Florence fût tellement gou- » vernée par le peuple qu'il ne fût pas au pouvoir du » petit nombre de disposer du sort de la multitude et > d'opprimer sa liberté *. »