Guichardin, Hist., liv. II, ch. i
122 LES MËDIGIS.
Jérôme étudiait pourtant les institutions de Venise. Ses amis vantaient la constitution de la Sérénissime République, qu'ils opposaient à l'oligarchie subsistante. L'antithèse paraît mal venue, et le nom de gouvernement populaire mal appliqué par les piagnoni au régime qu'ils prenaient pour type. Soderini donna la raison de ce choix : « Quoique Tautorité soit attribuée aux nobles » vénitiens, néanmoins, la noblesse n'étant composée » que de citoyens particuliers et formant d'ailleurs un » corps nombreux, dont les membres sont de conditions » et de qualités différentes, on ne peut nier que ce » gouvernement ne tienne beaucoup de la démocratie » et que nous ne puissions l'imiter en plusieurs » choses ^ >
La base de la nouvelle organisation florentine était la réunion des bénéficiés. Ces citoyens étaient ceux dont le père, le grand-père ou l'aïeul avaient exercé une des charges de l'État. Ils devaient être âgés au moins de trente ans : on en comptait trois mille deux cents, divisés en trois sections semestrielles, désignées par le sort pour former tour à tour le Grand Conseil.
Ce conseil élisait les magistrats, adoptait ou rejetait les projets de loi présentés par les Seigneurs, Mais ceux-ci devaient au préalable consulter le Conseil des Quatre-vingts nommé par l'assemblée souveraine.
La tyrannie et la noblesse étaient vaincues par une