Orfeo, vers
S. Aristoph., Oiseaux j vers U20.
peint avec le mot, exprime avec bonheur cet idéal complexe. Au Moyen-Age, dit M. Paul de Saint- Victor, l'Amour « devient Tenfant de chœur d'un culte idéal et » balance pieusement l'encensoir devant Béatrice et » Laura. La Renaissance lui rend son beau corps païen, » en lui laissant Tauréole mystique dont le christianisme * l'avait entouré. Redevenu sensuel, il reste subtil : » tantôt obscène et tantôt sublime, il passe de la théo- » logie à lorgie, et du rire de Rabelais à la rêverie de » Platon » . C'est ce qu'on verra dans cette étude, où Ton voudrait résumer, par une revue des manifestations de l'art et de la vie extérieure à la fin du quinzième siècle, les contrastes qui marquent cet fige et le diver* sifient.
On vient d'assister à la première pièce dramatique écrite et représentée en dehors de toute tradition d'Église. Mais, en 14i3, le poète de VAltercazione^ ce poème hétérodoxe, composait et faisait jouer par une association dévote, telle que celle de nos Confrères parisiens de la Passion, un mystère dans le goût du Moyen- Age : — La JRappresentazione di San Giova?mi e Paolo coinposta dal magnifico Laurenzio dé* Medici.
Cette naïve littérature a son point de départ en des CBuvres rudimentaires d'invention, et pour l'exécution desquelles les chevilles du charpentier jouent un rôle plus important que celles du versificateur qui en assembla la charpente poétique. Tel fut ce mystère de YEnfer^ — comédie divine en action, — dontVillani a narré
le dénouement réellement tragique. Les gens de San Friano, accoutumés, — selon le terme de nos aïeux, — à jouer de ces « momeries i», avaient fait publier par la ville : — Que ceux qui voudraient savoir des nouvelles de l'autre monde se rendissent le jour des calendes de mai de Tan 130A sur le pont de la Garraja et aux alentours, < et ordonnèrent en TAmo sur barques et petites » nefs certains eschafTeaulx, et y firent semblances et » figures de l'enfer, avecque feux et aultres peines et )) martyres, ensemble hommes contrefaicts à démonie > {contra fatti a tffemonta), horribles à veoir, et aultres 0 qui avoient figure d'âmes nues, et boutaient en iceulx » cruels tourments, avecque moult grands cris et noise » et tempeste, laquelle estoit à veoir et ouïr griefve et » horrible. Et pour ce nouveau jeu se déportèrent à » veoir moult bourgeois, et le pont plein et foulé de )) gent, estant alors de bois, chut pour le poids avec la » gent qui estoit dessus, d'où moult de gent y mourut et » se naya dedans l'Arno et moult s'y navrèrent la per- » sonne, tant que d'esbattement fictif torna au vray, » si que mesmement estoit au rolle d'ordonnance pré- » nuncié. Par ainsy moult par mort dévalèrent à quérir )) nouvelles de l'aultre monde, en grand'plainte et dou- » leur par toute la cité, tant qu'un chascun y cnydoit % avoir perdu fils ou frère * » .
Les amusements populaires en vogue durant tout le