‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 53 sur 167 · Concile de Latran, can. XXI · texte numérisé non relu

Concile de Latran, can. XXI

tique, ces indulgences ne, sont qu'une dispense des satisfactions imposées aux pénitents par l'Église.

« Il est juste, et même il est salutaire pour nous que i> Dieu, en nous remettant le péché avec la peine éter- » nelle que nous avions méritée, exige de nous quelque » peine temporelle pour nous retenir dans le devoir... )) C'est donc pour satisfaire à cette obligation que nous î sommes assujettis à quelques œuvres pénibles, que )) nous devons accomplir en esprit d'humilité et de pé- » nitence ; et c'est la nécessité de ces œuvres satisfac- » toires qui a obligé l'Église ancienne à imposer aux » pénitents les peines qu'on appelle canoniques...

» Quand donc elle impose aux pécheurs des œuvres » pénibles et laborieuses, et qu'ils les subissent avec hu- » milité, cela s'appelle satisfaction ; et lorsque, ayant » égard ou à la ferveur des pénitents, ou à d'autres )) bonnes œuvres qu'elle leur prescrit, elle relâche quelque » chose de la peine qui leur est due, cela s'appelle in- » dulgence ^ »

Et quelle réserve sur le fond même de la question, — la puissance de l'Église pour délivrer les âmes du Purgatoire !

« Ceux qui sortent de cette vie avec la grâce et la » charité, mais toutefois redevables encore des peines » que la justice divine a réservées, les souffrent en » l'autre vie. C'est ce qui a obligé toute l'antiquité chré-

1. Exposition de la doctrine de V Eglise catholiquey § viii, 162, 163, 164 (lî-édit.; Paris, 1706).

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> tienne à offrir des prières, des aumônes et des sacrî- » fices pour les fidèles qui sont en la paix et en la >» communion de l'Église, avec une foi certaine qu'ils » peuvent être aidés par ces moyens. C^est ce que le » concile* de Trente nous "propose à croire touchant ces » âmes détenues dans le Purgatoire*, sans déterminer

> en quoi consistent leurs peines, ni beaucoup d'autres

> choses semblables sur lesquelles ce saint Concile de- » mande une grande retenue, blâmant ceux qui dé- » bitent ce qui est incertain et suspect ^ »

On objecte à l'interprétation de Bossuet que le traité qui la contient, adressé aux Protestants, atténue, au sens de leurs doctrines, bien des dogmes qui les séparent de Rome. Il est aisé cependant de suivre le même courant d'idées dans les actes de Tépiscopat français, dans les décisions des universités gallicanes, les écrits de nos jansénistes. Hors de France, et même à Rome, cette opinion compte aussi des partisans. Dès 1A82, la Sorbonne suspecte la thèse : — que les âmes du Purgatoire sont de la juridiction du Pape, et que, s'il voulait, il pourrait vider ce lieu d'expiation ^.

A l'extrême opposé de cette théologie, Clément VI s'exprime ainsi dans sa bulle de 1343 relative au Jubilé :

« Dieu le Fils nous a rachetés, non avec de Tor et de l'argent, mais avec son sang précieux... Et ce trésor, parle bienheureux

i. 70 Sess., XXV, dePurgat.

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