‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 56 sur 167 · Vat(é sommaire, etc., cit. sup., p · texte numérisé non relu

Vat(é sommaire, etc., cit. sup., p

LA BANQUE DU PAPE. i95

quodam fato^ veneno, seu morbo supervéniente, la résignation subsistait, aux termes d'une bulle de Boniface VIII.

Dans la première hypothèse, celle de la résignation concordant avec la maladie, on voit de suite l'intérêt opposé qu'avaient le résignataire et l'ordinaire, quant à l'inscription des délais ouverts. Si le premier, par exemple, parvenait à prouver, par une date officiellement constatée à Rome, que le malade était mort après les \ingt jours, il obtenait le bénéfice dont la collation demeurait dans l'autre cas à l'ordinaire^ De là souvent une émulation de ruses entre les banquiers» de vitesse entre les courriers des deux parties. Course au clocher, dont le terme est la Chancellerie du Vatican I C'est surtout l'emploi.de ces courriers (ils étaient de création relativement récente) qui pouvait compromettre les droits de l'ordinaire. Le canoniste au curieux traité duquel nous empruntons ce détail remarque « que ces sortes de rési- » gnations sortaient de la main des titulaires lorsqu'ils 9 étaient... dans l'extrémité de la maladie... ]).« Comme, selon le cours ordinaire de la nature, les résignants ne pouvaient pas survivre plus de vingt jours, qui était le temps nécessaire pour aller à Rome par les voies ordinaires, et lorsque les courriers n'étaient pas encore établis, il arrivait rarement que les ordinaires fussent privés de leurs collations *. ^)

i. Traiié 9ommairej oie., {>. 49»

L'invention des courriers changea ces conditions. La promptitude devenait une chance de succès que nul ne laissait sans lutte à son rival. Il faut suivre les formalités innombrables auxquelles est soumise la moindre signature en cour. La savante machine que cette chancellerie avec sa complication de rouages, fonctionnaires en majorité inutiles et ralentissant les affaires, mais très utiles à eux-mêmes parce qu'ils retiennent au passage de la matière administrative que leur engrenage triture I Individuelles ou collectives, titres de dignitaires isolés ou de collèges d'officiers, leurs dénominations parfois très bizarres font un dénombrement homérique : chancelier, vice-chancelier, régent, prélats et abréviateurs de la Chancellerie, secrétaire des brefs taxés, secrétaire des brefs secrets, préfet des brefs taxés, préfet delà signature de grâce, préfet de la signature de justice, prélats référendaires de Tune et de l'autre signature, dataire, sous-dataire, préfet des compositions, réviseurs, registrateurs et ahréviateurs de la daterie, cent écrivains apostoliques de la daterie, etc. . . . Nombre de ces emplois sont vénaux : leur création n'est qu'une façon d'emprunt ou de Monte par lequel l'État se procure les fonds dont il a besoin. Les prêteurs acquièrent pour leur argent, en manière d'intérêts, les droits et revenus de charges pour la plupart honorifiques ou ne consistant qu'à apposer sur un parchemin une signature ou un sceau.

Il y a sous Sixte IV six cent cinquante de ces emplois

rapportant cent mille scudi. Alexandre VI vend, au prix de sept cent cinquante scudi pièce, quatre-vingts offices d'écrivains de brefs. Il y a jusqu'à des Stradiotes et des Mameluks j « adstipulaloreSy sine guibus nullœ passent » confici tabulœ^. »

Les bulles qui sortent de la daterie passent par les mains de plus de mille employés formant treize bureaux, où il faut porter de l'argent à proportion de ce qu'on a donné aux cent écrivains apostoliques.

« Ces bureaux, dit Jean Aymond dans son Tableau de la cour de Rome^j sont établis sous les noms de :

» Cent cubiculaires apostoliques, dont chaque office vaut dixsept cents écus, et rend tous les ans à chaque cubiculaire cent soixante-dix écus ;

» Cent écuyers apostoliques, dont chaque office vaut treize cents écus, et rend tous les ans cent trente écus ;

» Cent chevaliers de Saint-Pierre , dont chaque office vaut quinze cents écus, et rend tous les ans cent cinquante écus ;

i> Cent chevaliers de Saint-Paul, dont l'office vaut seize cents écus, et rend tous les ans cent soixante écus ;

» Cent chevaliers du Lys, dont chaque office vaut quatorze cents écus, et rend tous les ans cent quarante écus;

» Cent janissaires, dont chaque office vaut dix-sept cents écus, et rend tous les anscent soixante-dix écus ;

» Cent écrivains des brefe, dont chaque office vaut douze cents écus, et rend tous les ans cent vingt écus;

» Quatre-vingts registrateurs des bulles, dont chaque office vaut trois mille quati*e cents écus, et rend trois cent quarante

1. Voy. Benko, HisL de la Papauté pendant les seizième et dioc-^epiième siècles, traduction de J.-B. Haiber, 3 vol. in-8% deuxième édition; Paris, Sagnier et Bray, 1848, t. II, liv. iv, p. 22.

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