V. Hugo, Lucrèce Borgia, acte P, partie I", scène i
jf de la troupe jeta des pierres à ce manteau , ce *qui le )) fit enfoncer... > Et Burchard en son patois :
c Interrogavit eos astans insidens equo, si dejecissent; illi autem responderunt : Signor si. Respexit tune insidens in equo in flumen, et mantellum introjeeti vidit natantem super flumen, et interrogavit pedites quid esset nigrum quod videtur ; illi responderunt mantellum ; ad quod aller lapides projecit ut mergeret in profundum ^. >
« — Monseigneur, c'est le manteau de Monseigneur Tf qui est mort I... »
L'ongle du lion n'avait, pour l'immortaliser, qu'à toucher le procès-verbal d'un scribe domestique.
Dans cette tragédie, le soupçon des Romains atteignit le Pape, sans doute à cause de l'impunité que l'assassin trouva près de lui. Mais la tendresse d'Alexandre pour tous ses enfants n'est pas contestable : les marques de deuil qu'il donna à la mort du duc de Gandia, trois jours passés à jeûner, à rugir de douleur, démentent l'épigramme de Pasquin : « — Ne doutons pas, Alexan- » dre, que tu es pécheur d'hommes, tu pêches ton fils > dans tes filets ^ .
Piscatorem hominum ne te non, Sexte, putemus, Piscaris natum retibus ecce tuum^.
1. BuRGHARDi Diariurrit p. 36-40, cité dans Gordon, Fie cf 'A /exandre Vit t. II, appendix, p. 401, 402.
2. Pasquin et Marforio. Recueil de leurs épigrammes, trad. et publ. par M. MartLafon; Paris, Dentu, 1861, p. 19.
316 LES MËDIGIS.
Mais le distique vengeur va frapper plus juste. Le Juvénal, le Perse anonyme, qui latinise la satire du peuple, s'écrie à propos du Jubilé : t Le Prêtre Romain > qui promet le ciel et les astres, s'ouvre par les crimes, » les meurtres, un chemin vers le Styx. »
Pollicitus cœlum romanus et astra sacerdos Persceleraetcaedes adStyga pandit ite^^
Jaloux, disait-on, de son gendre le duc de Biselli, Alexandre avait ordonné le guet-apens dans lequel venait d'être blessé ce troisième mari de Lucrèce. Ce bâtard d'Alphonse II de Naples comptait déjà deux prédécesseurs légitimes, un premier époux, obscur gentilhomme d'Espagne, répudié à Tavénement du pape, un second, Jean Sforza, seigneur de Pesaro, dont le mariage fut également cassé (lâ97). Mais, quels qu'aient été les rapports du pontife avec sa fille, fallût-il, comme fait Thistorien Roscoô ^, avec une candeur qui honore son impartialité protestante, tenir pour controuvé le grief d'inceste accrédité contre eux, l'ambition politique motive mieux qu'aucune autre passion les crimes d'Alexandre VI. Alphonse, duc de Biselli, périt de mort violente,, pour permettre à la fille du pape d'épouser le 19 décembre 1501 son quatrième mari, Alphonse d'Esté, fils d'Hercule IL S'explique-t-il autrement, ce