J. Bentivogriio, seigneur de Bologne
2. Machiavel., Décennale primo, o compendio dette cose faite in dieci ami in llalia.
rie, il entendit sans doute (bien qu'il n'y réussît pas complètement) justifier devant la postérité son sens moral. Il prouve en tout cas qu^il ne faut pas le confondre avec des hommes pour qui la question de moralité n'est pas même posée ; car la conscience qui la pose ne semble pas exister en eux...
Ce couple des Borgia, avec quelle âpre ironie, avec quel sentiment de leur indignité Machiavel raillera sa ruine I
« Le Valentin tomba malade, et, pour avoir repos, l'esprit glorieux d'Alexandre fut porté parmi les âmes bienheureuses.
» Ses saintes traces furent suivies par ses trois familières et chères servantes : Luxure, Simonie et Cruauté*. »
Lors de l'attentat de Sinigaglia, Nicolas Machiavel avait trente-quatre ans. Il était né à Florence le 6 mai 1469, de Bernardo Machiavelli, jurisconsulte, et de Bartholomea, fille de Stefano Nelli, et veuve de Nicolao Benizi.
Protégé par les Médicîs, dont son oncle Paul Machiavel était un des familiers, attaché à vingt-six ans au secrétariat de la République sous les ordres de Marcello di Virgilio, nommé trois ans après chancelier de la seconde chancellerie des Signoriy puis secrétaire des Dix de Liberté et de Paix^ il avait obtenu, sans quitter ces dernières fonctions, qu'il exerça près de quinze ans, sa première ambassade en 1499.
i. Machiavel., Decenn.f ec. (Dec. I.)
Envoyé près de Jacques d'Appiano, seigneur de Piombino, puis à la cour de Catherine Sforza-Riario, régente de Forlî et dlmola, il venait de remplir près de Louis XII sa célèbre mission de France, si curieuse à suivre dans ses lettres.
Il retournait d'Arezzo en pacificateur des factions qui déchirèrent cette ville, quand Pierre Soderini, élu depuis un mois gonfalonier perpétuel de la République, l'envoya en résidence à Imola, près du Valentin.
La commission est du 5 octobre 1602, rédigée avec la familiarité hautaine du protocole employé par la Seigneurie envers ses agents : « — Nicolas, tu te ren- » dras, etc. 5) Puis, après un résumé des griefs des Florentins à l'adresse des anciens alliés de César qui venaient de se liguer contre lui à la Magione, il est enjoint au délégué de Florence d'offrir au duc de Valentinois les secours de la Commune. « — Malgré les troubles exci- » tés contre elle par des rebelles que favorisait le duc, » et tant de dommages que lui et son armée avaient » causés à la cité, elle était résolue à ne rien tenter » contre Son Excellence, et à demeurer avec elle dans » les termes de son ancienne amitié, pour Tamour du » Pape et de Sa Majesté Très Chrétienne ^ »
Accessoirement, la République, toujours préoccupée de ses intérêts commerciaux, rappelait à son ambassadeur que les difficultés politiques ne devaient pas lui