J. Jacq. Penni
On sourit, quand le bon Penni compare, un peu après, les splendeurs profanes de ce triomphe à l'entrée du Christ à Jérusalem le jour des Rameaux I
« Nombreuses étaient les statues de marbre, d*albâtre, de porphyre, qui valaient un trésor, et, comme elles sont antiques et belles, il m'a paru que je devais en parler quelque peu. D'abord je vis là une Diane d'albâtre qui semblait réellement vouloir parler, puis un Neptune avec le trident, un Apollon avec le cheval [Pégase) au côté, très gracieux, un Marsyas qui, joyeux, faisait retentir son harmonie, une Latone avec ses deux petits enfants dans ses bras, un Mercure plein de mouvement (con acto velocé)y un fidèle Achate, un Bacchus joyeux, un admirable Phœbus, un cbarmant Narcisse, un Pluton et un Triptolème, avec deux autres statues sans nom, tout entières, trè^ antiques et belles, avec douze têtes d'empereurs et d'autres, des antiques et fameux Romains. Il aurait été nécessaire de voler (pëù de uno corso volare) pour pouvoir contempler ces choses. Après qu'on eut passé en chevauchant de Tune à l'autre décoration, peinture ou tapisserie, chacun voulant montrer l'allégresse qu'il avait dans le cœur, il me sembla que ce jour était celui où le Rédempteur de la nature humaine alla à Jérusalem, le jour des palmes, et, au lieu de dire : Hosanna, fili David! ils criaient : Vive le Pape Léon ! et Palle, Palle ! et, au lieu de branches d'olivier et de palmier, on voyait par les rues des draperies et des tapis... »
Ce ton triomphal est la note dominante du règne : elle tourne à la monotonie sous la plume des panégyristes. . .
. . . Jam jam novus in terra descendit Olympo Juppiter, et sancto laetatur Martia vultu Roma, triumphales iterum ductura quadrigas.
Romatuum meritis decimum veoerare triumphis!
Felicem patriam ! felices principe tanto
Hune populum ! hosque patres! felicia mœnîa Romse!
Roma tuum meritis decimum venerare triumphis ! Sancte pater, bominum reverentia, cura deorum, Spes miserûm, lux clara hominum, decus atque deorum, \spice nos, felixque pias ne desere Musas >.
C'est une interminable litanie, une amplification sur ce thème pareil au motif d'un concours de peinture historique :
« Pompe des enfants de Romulus accueillant leurs pères de Toscane. Ils reconnaissent leur race, et, parmi ces honneurs antiques, ceux dont l'accession accrut la cité, leurs ancêtres et la gent qui porte la toge. »
. . .Patiiis assurgit Romula Thuscis Pompa : genusque suum, et veteres agnoscit honores, Unde urbem, proceresque auxit, gentemque togatam K
Ce penchant aux représentations extérieures se retrouvait dans les amusements du pape : il faut bien en convenir, pas plus que ses plaisanteries, ce n'est point par le bon goût qu'ils se distinguent toujours. Ces facéties jureraient avec sa nature attique, si Tatticisme lui-même, à sa source, n'offrait pas de ces contrastes. Témoin la
1. Jands Vitalis Gastalius Leonem X, pont maximum, Lateranen. episcopatum ingredientem lœtabundus admiratur, RoscoE, II, Append., p. 385 et seq.