De Christ, rellg., cap. xxn, p
LES HÉDIGIS. 1. — 19
â90 LES MËDICIS.
» de notre crime, effacés, ils délivreront la terre d'une » bien longue terreur K »
Prophète ou magicien, le poète de V Enéide se couronna d'une auréole légendaire.
Dans ce chantre d'un mélancolique amour plein de larmes et de pressentiments, —
Dans Virgile parfois, dieu tout près d'être un ange, Le vers porte à sa cime une lueur étrange. C'est que, rêvant déjà ce qu'à présent on sait, Il chantait presque à l'heure où Jésus vagissait'^.
Loin d'être un miracle, ce charme attendri, cette
divination d'une société meilleure, apparurent comme le
développement naturel du génie antique élevé par la !
. philosophie grecque à la conscience de l'humanité. «
Ce qui s'explique moins que sa métamorphose en prophète du Christ, c'est que le poète devienne un agent du diable, un nécroman. Nous avons vu déjà ce que Naudé raconte, d'après Hélinand, moine du seizième siècle, des statues magiques attribuées à Virgile ^
Sur la mission orthodoxe du Mantouan, Marsile partage encore l'opinion de Dante. On sait que, le poète florentin et son guide rencontrant Stace au Purgatoire, Virgile s'étonne de ne pas le voir aux Enfers. « Quand, » répond l'auteur de la Thébaïde^ tu disais, ô maître :
i. Virgile, Églogue IV , vers 4-10, 13-U*