De Immortal. anim , lib. I, cap. m, p. 84 bis
S98 LES MËDIGIS.
d'elle TAnge immobile: Ficin en donne la raison métaphysique.
— L'&me rationnelle, dit-il, immobile par sa substance et mobile par ses opérations, est, par sa vertu, en partie immobile, en partie mobile. D'après l'échelle hiérarchique établie entre le dernier terme de l'être et le premier, chaque degré intermédiaire participe, de nature, au terme qu'il précède et à celui qu'il suit *. Tel est l'enchaînement des causes. Le terme supérieur au corps et à ses qualités, cause efficiente de son action, doit donc être mobile ; car son opération sur lui communique à celui-ci l'être qui s'écoule perpétuellement dans la matière et dans la qualité périssables. D'autre part, il est immobile, comme participant à l'essence supérieure.
Cette immobilité se montre dans la stabilité de la volonté et de la mémoire. La mobilité de l'opération apparaît dans la succession des pensées, des actes et des développements corporels^.
Il y a donc, par-dessus notre âme immobile et mobile à la fois, une âme, une forme immobile, — l'Ange.
On aperçoit le lien de la théologie de Marsile avec sa théodicée. Ses trois Hiérarchies, ses neuf Ordres de la céleste milice , décrits en son Traité de la Religion , ne font qu'incarner en quelque sorte dans le mythe catholique son rêve alexandrin flottant du polythéisme au panthéisme.