De Immort, anim., lib. I, cap. vi« p
300 LES MÉDIGIS.
( S'il était composé de parties, il verrait en lui autre cbose que lui-môme, puisque la partie et le tout ne sont pas la même chose ^ .. 11 sera certainement plus heureux si, tout ce qu'il voit en lui, il l'est lui-môme, si jamais il ne manque à lui-même, et s'il est présent à lui-même tout entier et partout. >
Au plus bas de rintelligence dont Dieu est le couronnement suprême, l'âme donne le mouvement vital;... l'entendement ou la raison ordonne, au moyen des formes, ce mouvement dont toute la matière n'est pas douée.
De la masse sans vie et de la masse vivante — celle OÙ sont c les semences des formes qui pullulent*)) — à la matière informée^ une éternelle aspiration s'élève vers le Bien, comme vers la Patrie, tanqiiam ud patriam\
La nature, même à son plus bas degréj « est bonne, car elle appète le bien, c'est-à-dire la Forme ».
Toute chose tendant au bien, ne tend pas pourtant à l'intelligence, à la raison ; toute chose n'y arrive pas, ne peut point y parvenir. Cependant le bien existe dans l'Ordre Universel, et ce qui atteint l'intelligence ne s'arrête pas pour cela, mais cherche encore le Bien*.
Si l'intelligence, en comprenant, atteint la bonté, elle la puise ailleurs qu'en elle; car, si elle l'avait en elle, elle n'aurait pas besoin d'effort pour y arriver, la possédant déjà. Or la source oîi elle puise la bonté est le Bien lui-
i. De immort, anim., lib. I, cap. vi, p. 89.