De Immort, anim.y lib. I, cap. vi, p
MÂRSILE FIGIN. 301
même, qui est au-dessus d'elle comme le réservoir qui lui verse ses eaux.
Il est donc au-dessus de Tintelligence, et celle-ci n'a de prix que lorsqu'elle découvre, embrasse et s'assimile le bien. En pourrait-il être autrement? Môme quand l'homme s'égare, il poursuit dans le vice ce qu'il juge bien. Ainsi, de toute manière, il ne peut point ne pas vouloir ce qui est bon.
Toute cette théodicée se résout dans l'idéalisme panthéiste. Marsile épuise ses distinctions à maintenir, en face de ce grand et attirant système, la personnalité des âmes et de Dieu, la séparation entre la matière et l'esprit. Mais qu'est-ce que la matière, et même l'esprit inindividuel, devant cette virtualité suprême, d'oîi tout émane, oîi tout évolue circulairement, — le cercle étant la figure parfaite * ?
<t Pour atteindre Dieu, qui n'est jamais absent de lui, le monde, dit Ficin, ne procède pas en ligne droite, mais, selon ses forces, il tourne autour de Dieu ^. ^
De môme que les formes inférieures à l'esprit, procédant de la matière bornée, participent à ses bornes, — les esprits rationnels, anges et âmes, entièrement étrangers à la matière, à la dimension, participent en quelque manière à l'infini du temps et de l'espace. Nulle borne à la pensée pure : elle nous transporte hors de nous, nous