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De Immort, anim., lib. II, cap. vi, p

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rend présents les faits de Thistoire, les événements contemporains accomplis hors du cercle de notre activité... C'est que, captive dans le corps, Tâme tient t du Vrai Bien, son But* », une réalité supérieure à ce que le vulgaire appelle la réalité.

c Par son instinct essentiel elle atteint Dieu partout ; nulle dimension assignée, nulle obligation naturelle d'occuper un lieu dans l'espace ne s'opposent à son ubiquité. Rien n'emp(}chc Tessence de Tâme de pénétrer Jusqu'à Dieu : le corps en effet ne résiste pas à l'esprit, l'esprit bien moins encore... »

Ainsi Dieu pénètre et est pénétré.

Notre auteur s'attache ensuite à accorder avec le libre arbitre qu'il admet en Thomme « la suprême nécessité d'être ou Dieu » .

Éternel, insoluble problème 1

Marsile a beau insister, il a beau associer à la nécessité divine la liberté qu'il attribue aux délibérations de rÊtre, cause et essence suprêmes, il a beau déclarer que, si Dieu «pouvait ou voulait être autrement qu'il n'est, il » donnerait une preuve de faiblesse et d'ignorance >, cette opulence d'arguments à l'appui de deux thèses in conciliables n'aboutit qu'à poser très-nettement le fond contradictoire des théodicées.

Ficin paraît le sentir, malgré lui, quand il termine cette partie de son traité par un appel à la preuve analcgique et populaire de la Providence :

lé De Immorl. anim., lib. II, cap. vu, p. 100-101.

MARSiLE FICIiN. 303

c Comme chaque partie du monde provenue de semences certaines, douée d'une figure distincte, se dirige avec la plus grande magnificence et le meilleur profit vers des termes certains par la voie la plus droite, au temps et dans l'ordre opportuns^ il est conséquent qu'elle soit mue d'après le môme mode dont sont mues les œuvres de Tart et du génie bumain ^ »

Ce n'est pas à un horloger, d'après la métaphore banale, mais à un mécanicien que Marsile compare le Créateur. Le corps est une io^^e à surprises, et Thomme, chef-d'œuvre du divin artiste, une sorte de poupée articulée de Nuremberg.

« Nous avons vu à Florence un coffre construit par un artisan d'Allemagne, dans lequel des figures de divers animaux, attachées et suspendues autour d'une seule sphère, étaient toutes mues simultanément par le mouvement de cette sphère. Les unes couraient à droite, les autres à gauche, en haut, en bas. D'autres, qui étaient assises, se levaient ; d'autres, qui se tenaient debout, s'inclinaient. Celles-ci couronnaient celles-là, et quelques-unes en blessaient d'autres. On entendait des sons de trompettes et de cors, des chants d'oiseaux. D'autres mouvements s'accomplissaient en môme temps, suivis de mouvements semblables et très-nombreux accomplis par une seule impulsion d'une seule sphère. Ainsi Dieu, par son ôtre môme (car il est luimême intelligence et vouloir, et il est le centre très-simple et unique duquel, comme nous l'avons dit ailleurs, toutes les autres choses divergent comme des lignes), Dieu, par une légère impulsion, met en vibration tout ce qui dépend de lui. Que l'épicurien Lucrèce se taise, lui qui veut que le monde soit le produit du hasard^. »

i. De Immort, anim.y lib* II, cap. xiii, p. 113* 2. De Imm^L anim., lib. H, cap. xiii, p. 112.

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Après s'être élevé jusqu'à Dieu « d'où tout descend» par les degrés de l'Être, — Ange, Ame, Qualité, Corps, — Marsile revient à l'Ame comme à l'objet spécial de son traité.

Il insiste d'abord sur ce principe déjà posé : Que l'âme est « Unité et multitude, Vnum et multa^ ».

Cette âme est le grand intermédiaire entre le Divia ou l'Immuable et l'Univers changeant, réalisation de l'Idée divine par la Vie^. Partout où il y a vie, il y a de l'âme, et il y a vie, selon notre philosophe, partout où « la génération est suivie de nutrition et de croissance : Ubi generationem niitritio et augmentum sequitur^ ihi vitam animamque inesse )) .

L'analogie joue ici un grand rôle dans la doctrine de Ficin.

Sauf des développements cosmogonîques moins pittoresques, la théorie sur l'âme du monde et l'âme des sphères rappelle les fantaisies de Charles Fourier à propos de la copulation des astres et de la terre, qui fait des petits.

« Nous voyons la Terre, par des semences propres, engendrer en quantités innombrables des arbres et des animaux, qu'elle fait croître comme une nourrice. Les pierres s'augmentent aussi, comme si elles étaient les dents delà Terre, et les herbes, comme si elles étaient ses poils, tant qu'elles adhèrent au sol parleurs racines... Qui prétend qu'il manque de vie, le

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