De Immort, anim , lib. IV, cap. i, p
3. Marsil. Fie, Op. omn., etc., 1. 1, De vita cœlitus comparanda.
306 LES MÉDIGIS.
excitateur (/bmento), les autres sans que ce principe se manifeste. Quoique le plus grand nombre des herbes et des arbres se propagent en étant semés et plantés, cependant, tous les jours, en bien des lieux, des herbes et des arbres naissent spontanément sans aucune semence et aucun germe corporels. Et j'omets ce qu'avance maint philosophe, qu'après de formidables déluges on a vu des animaux plus parfaits procréés de la terre.. . Il résulte . de là qu'il y a partout sm* la terre et dans l'eau des semences spirituelles et vivifiantes de tout, au sein d'une nature ailiste et vivante *. »
Nature artiste et vivante!... Ces perles ne sont pas rares dans les périodes un peu ternes et alambiquées du philosophe. Toute la Renaissance est dans ces quatre mots, toute une floraison de pensées libres et sereines, de riantes images écloses de la gaîne syllogistique du Moyen-Age, qui t'enserre encore, hôte de Careggi, zélateur de Platon et du Beau 1
« Cette nature produit par elle-même ces semences spirituelles partout où manquent les semences corporelles, et cellesci, abandonnées par les animaux, sont ranimées par les premières 2. >
L'âme de la Terre, selon Marsile, est la grande génératrice; elle contient toutes les causes de la propagation des espèces, « leur idée naturelle et leur raison d'être. » C'est par cette raison de l'existence des mouches, » quelle produit les mouches^... »
i. De Immort, anim.y lib. IV, cap. i, p. 123. 2i De Immort, anim., lib. IV, cap. i, p. 123. 3» De Immortk antm., lib. IV, cap. i, p. 123.
MARSILE FIGIN. 307
d. Si l'art humain n'est autre qu'une imitation de la nature, et, s'il accomplit ses œuvres d'après une raison certaine de ces œuvres, semblablement agit la nature, et avec un art d'autant plus actif, d'autant plus sagace, qu'elle agit avec plus d'efficace et produit des choses plus belles ^ »
Insistant sur la différence de la Nature et de T Art :
c L'art humain, dit notre auteur, est une nature traitant extrinsèquement une matière. La Nature, elle, est un art, qui accommode intrinsèquement la matière, comme si un ouvrier en bois {lignarius) était dans le bois même qu'il travaille^. »
L'Eau, la Terre, le Feu, TAir, les divers globes des cieux, et enfin les étoiles, doivent posséder, chacun, une âme spéciale, d'autant plus pure qu'elle appartient à un ordre plus élevé. Dans chacune de ces sphères vivent des êtres doués d'une âme, l'horarae et les animaux sur la terre, les Néréides dans les eaux, et des créatures innombrables, génies, démons, dans l'air et dans le feu. Indépendamment de ces êtres doués d'une âme distincte, d'autres créatures, comme les pierres et les plantes, n'ayant pas une existence séparée, vivent de la vie de leur sphère. Le nil sub sole novi se vérifie dans ces conceptions : on y découvre, avec l'utopie spirite sur le monde invisible, une première vue de l'infini vivant révélé par le microscope» L'univers apparaît