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De Immort, anim., lib. IV, cap.i, p

qu'elle est indivisible ; — T parce qu'en elle Tétre se confond avec l'essence ; — 8* parce qu'elle a un être propre et ne s'écarte jamais de sa forme ; — 9° parce que, d'elle-même, elle se rapporte à elle-même; — 10° parce que, d'elle-même, elle se rapporte à Dieu; — 11° parce qu'elle n'est pas composée par quelque puissance en laquelle elle puisse se résoudre ; — 1 2** parce qu'elle n'a pas en ellela puissance de ne pas être ; — 13° parce qu'elle reçoit l'être de Dieu sans intermédiaire; — 14° parce qu'elle est par elle-même la vie; — 15° parce que la vie est supérieure au corps ^

De cette argumentation qu'il fallait résumer, citons quelques développements caractéristiques.

« Le propre des âmes est de vivre, et tout ce qui est inanimé et peut être animé est mort, c'est-à-dire privé d'existence. Donc l'âme ne peut mourir. Car, si elle pouvait manquer de vie, elle ne serait pas une vraie âme... Les raisons des choses qui sont dans l'âme seront-elles changeantes, l'âme étant liée à un corps changeant ? Mais ces raisons ne peuvent être changeantesc En effet, il est toujours vrai de la môme manière que deux et quatre font six, et que la différence de deux à quatre est proportionnelle à celle de quatre à huit, et il en est ainsi de toutes les vérités du môme ordre, dont les cas sont si nombreux. Les raisons de ce genre existent inséparablement dans l'esprit, qui, toujours et à l'instant^ en use à son arbitre. Là consiste l'art de raisonner, qui ne peut être aucunement séparé de l'esprit raisonnable. Car, si cette raison érigée en art, — l'art rationnel, — qui est un assemblage de raisons, était séparée de l'esprit, ou

1 , Ces preuves sont très-bien résumées dans Y Histoire de la philosophie, de BUHLE (trad. Jourdan); Paris, 1816, t. H, p. 178-190.

bien il né serait jamais, ou bien il serait dàps quelque chose non vivante, ou bien il serait dans une chose vivante . Or on ne peut pas dire que de perpétuelles et immuables raisons ne soient jamais. Et il est pareillement impossible que des raisons vraies existent dans une chose non vivante, si toutefois la vie est le fondement de la raison. Mais, si la raison érigée en art {ariificiosa) passe d'une vie dans une autre vie, cela n'aurait-il pas lieu surtout quand une personne en instruit une autre ? Cependant, comme cela n'a pas lieu (personne en effet, en enseignant un autre, n'oublie sa science), la transition de la raison d'une vie à une autre ne s'opère pas. Donc l'art existe inséparablement dans l'esprit. Il existerait aussi dans le corps, si l'esprit était l'harmonie du corps ; c'est pourquoi tant la raison que l'esprit seraient changeants comme le corps. Mais, comme cette Raison est immuable, et, en conséquence, comme l'essence de l'esprit à laquelle elle est attachée ainsi qu'à son sujet est immuable, l'esprit n'est pas un certain arrangement du corps ^»

Le principe intellectuel est un : il compare les impressions des sens. Sans cette unité d'une essence séparée prononçant sur ce que Tœil voit, sur ce qu'entend Toreille, comment une idée commune se formeraitelle d'après ces sensations distinctes? Comment ces sensations seraient-elles comparées, associées dans une même notion ?

Pour qui renonce à découvrir le fond des existences, impénétrable comme tout absolu, depuis la matière soumise aux pures lois mécaniques jusqu'au cerveau pensant, une série se développe, oîi le degré supérieur peut se relier, par des chaînons intermédiaires, au point de

i. De Immort, anim,y lib. V, cap. xv, p. 153-154.

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départ le plus in0me observé dans le phénomène» Tel est le postulat de la science, irréalisable sans doute, mais dont la solution, au moins approchée, n'est pas au-dessus de nos espoirs. Marsile, lui, remonte sans trêve, comme un Sisyphe, le roc de l'Absolu ; toujours la pierre fatale retombe malgré son effort. L'esprit vital qu'il introduit entre Tàme et le corps, inexplicable comme l'un et l'autre, ne saurait, par conséquent, les expliquer. Cet esprit, par lequel l'âme du monde anime et la bête et l'homme en tant qu*animal,estengendré «par la chaleur )) du cœur, de la partie la plus subtile du sang. De là, il » se répand dans le corps, avec lequel il met l'âme enrela- > tion : celle-ci, à son tour, agit par lui sur le corps *. > Mais il n'est nulle borne aux concepts de cette âme rationnelle, privilège de l'homme entre toutes les créatures corporelles, a La raison unit les contraires, lumière » et ténèbres, bruit et silence, amer et doux, etc.^ î Elle se dilate nécessairement dans l'infini. De sphère en sphère, s'élevant de l'Ange à Dieu, elle ne proclame Dieu comme le terme de son enquête que sous la contrainte d'un parti pris.

« Elle progresserait sans terme^ si elle-même ne s'imposait pas une borne ^.,. Or, la vertu de l'âme qui accomplit ce progrès est en quelque manière infinie ; ce qui apparaît non-seulement en ce qu'elle découvre Tacte infini qui est Dieu, mais encore la

i. De Immort, anim.^ lib. VII, cap. vi, p. 177.

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