M» FiCiNi, De Sole, p
Reliez entre eux les pieds de ces quatre perpendiculaires, vous obîendrez un troisième carré et douze triangles qui sont les douze maisons du ciel.
D'après la connaissance des temps et la date précise de la naissance de Platon, nous savons que son horoscope concorde avec le passage du Soleil au Verseau.
Le Verseau sera donc la première maison .
Reste à voir quels astres se trouvent dans les divei^es maisons :
Au Verseau : Mars^ Mercure et Vénus;
Aux Poissons (2"* maison) : le Soleil;
Aux Gémeaux (5"* maison) : la Lune;
Au Lion (7"" maison) : Jupiter ;
A la Balance (ft"* maison) : Saturne.
Marsile rapporte très-sérieusement cet horoscope d'après Julius Firmius, et en conclut, avec cet astrologue, qu'il ne pouvait annoncer qu'un homme d'une admirable éloquence et qui, « par un génie céleste, pénétrerait tous les mystères divins * j» .
Tout se tient dans ce système, tout est logique et sans contradiction avec les faits alors observés. Rabelais, pourtant, écrivait peu après : « La plus grande folie du > monde est de penser qu'il y ait des astres pour les » roys, papes et gros seigneurs, plus tôt que pour les » pauvres et souffreteux... Mais je tiens pour cer- )) tain que les astres se soucient aussi peu des roys )) comme des gueux, et des riches comme des ma- » raulx ^. »
Ce sont là des pressentiments, fruits d'une induction supérieure à la science du temps, mais qui n'en a pas moins son prix. Sans ces instructions d'un bon sens suprême, le point de départ manquerait aux théories qu'une observation plus exacte et plus profonde doit substituer à ces rêves métaphysiques.
Où Marsile confine à l'esprit moderne, c'est dans le sentiment général des choses, c'est dans ce natura-
1. M. FiciNi, Vie de Platon^ Epist,, lib. IV, p. 761-763, Op, omn., 1. 1.
2. Rabelais, édit. Didol, 1858, t. II, p. 500. Pantagrueline pronosti-' cation»
a2(i LES MÊDICIS.
lisme idéaliste dont l'expression rappelle le langage des Hegel et des Schelling.
€ Pénétrant tout, le divin rayonnement existe dès la pierre, mais il n'y vit pas ; il vit dans les plantes, mais il n'y brille pas ; il brille dans les botes, mais il ne s'y réfléchit pas lui-même, et n'y revient pas à sa source. Dans Thomme, il existe, vit, brille, et se réfléchit en soi*. »
Oii Marsile s'éloigne du panthéisme, c'est dans l'affirmation de la personnalité divine et des destins immortels de l'âme, de la distinction des êtres créés et du créateur, de la perpétuité des consciences individuelles. Mais il tient par ce côté aux théologiens libéraux du protestantisme, comme il ressemble par un autre aux métaphysiciens de l'Allemagne contemporaine; un Schleiermacher anticipé, voyant dans la Révélation des développements de l'Absolu, et dans le Verbe la Forme suprême de l'Esprit dont nos âmes sont une forme inférieure. Mais, quels que soient les efforts de Ficin pour y échapper, la doctrine de l'identité s'impose à lui et le domine. Dieu crée-t-il les âmes, ou descendent-elles de lui ? On peut hésiter devant des déclarations comme celle-ci : « Ubicunque Deus adesty ibi mittitur animtis^. 3>
Dieu souffle dans l'embryon de quarante-cinq jours la compagne céleste du corps, l'immortelle Psyché'.