‹ Les MédicisChapitre 148 sur 262 · Mars. Fie, Op. omn,, t. I, Epist., lib. VHI, p · texte numérisé non relu

Mars. Fie, Op. omn,, t. I, Epist., lib. VHI, p

n'échappa qu'avec peine, à l'arrestation de certains mal pensants dont ses ennemis, pour le perdre, cher^ chaient à rattacher à ses thèses les opinions. Leurs intrigues l'avaient même desservi auprès du Magnifique, que Ficin ramène à l'appréciation équitable des faits :

« Robert Salviatî^ ami fidèle et vaillant, me lut hier soir une lettre de toi, par laquelle tu réfutes par des arguments certains les calomnies de tes adversaires d'ici. Nous nous sommes accordés à ce que je rapportasse ces choses au magnanime Laurent, afin que , s'il avait appris de Rome quelques faussetés sur ces rapports ennemis, il fût convaincu de son erreur. Je lui ai donc fait ce rapptort avec empressement, il l'a accueilli de même. Par là nous avons reconnu qu'il n'y a dans son âme nulle malveil- ' lance à ton égard, qu'au contraire il n'y a que de l'affection. D'abord, il fallut prouver que les individus en question n'ont pas été jetés en prison par ta faute, mais qu'ils s'y sont fait mettre par leur propre faute, car jusqu'à présent un bruit contraire avait couru. C'est leur faute, — je le répète, — qui les fit arrêter. ïu le fais assez voir par ta lettre, et Pierre Leone m'en fut témoin ; il avait appris qu'ils avaient parlé au Pontife avec trop d'audace et de fierté. Pendant que ces choses se passaient, ce magnanime et cher Leone est parti rapidement d'ici pour parcourir le monde, entraîné par l'amour de la vérité. Celte vérité, nous semble-t-il, il l'a suivie autant qu'homme le peut faire, et cependant il la poursuit encore à plus de frais. Si bien qu'au surplus. Dieu l'inspirant, il rapporte un fruit divin pour un fruit humain. Notre devoir est donc de procurer de nos prières et de nos vœux l'aide divine à un tel ami parmi les périls d'un voyage incertain. Qu'il se porte heureusement, et toi aussi, porte-toi de môme *. »

i. Mars. Fie, Epi^t, lib. VIH, p. 885.

378 LES MÊDIGIS.

Pois, dans une seconde épltre, sa joie déborde... Le champion de la vérité échappe à ses ennemis... Les astres le protègent... Jupiter et Vénus ont dompté Mars.

« Notre Robert Salviati m'annonce que, pendant que J'étais occupé avec application à proresser ma leçon publique, tu es arrivé sain et sauf à Bologne. Je me félicite que tu sois devenu notre voisin plus procbe ; Je me réjouis de ce que tu as échappé sans encombre des mains des méchants. En octobre dernier, tandis que Mercure était consumé par Mars, les nations martiales, frémirent contre toi, les peuples méditèrent des choses insensées. Mais Celui qui habite au plus haut des cieux se rit d'eux. Car nous aussi, cependant, à Theure de Jupiter et de Vénus, soutenus par le patronage du Magnanime Laurent, nous nous sommes opposés à ce que Mercure fût aussi consumé sur la terre. Que Dieu — telle est ma prière — s'oppose dorénavant à nos ennemis et à nos calomniateurs. Sois heureux et aime-moi, moi qui t'aime ^ »

Pour comprendre ces rapprochements, il faut se rappeler qu'en astrologie Mercure domine sur les philosophes.

La chose merveilleuse, incroyable pour nous (parlons comme Marsile), c'est la passion enthousiaste ou réprobative que provoquaient des thèses comme celle-ci par exemple :

« Sicut lumen colores non facit colores, sed praeexistentes colores potentia visibiles, facit actu visibiles : ita intellectus agens non facit species cum non essent prius, sed actu prœexistentes species potentia cognoscibiles, facit actu cognoscibiles. »

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