L'AlTerCazione^ cap. i, terz. 6, etc
crois pas que le Phénix en rassemble tant^ quand il éprouve ses suprêmes douleurs.
» Je crois qu'en un lieu si plaisant et si agréable Tair n'est jamais ténébreux ou noir et que le ciel ou la fortune ne peuvent être funestes.
» Ainsi, seul dans ce beau séjour, content de ma propre compagnie et entouré seulement de mes pensées,
« Je contemplais ce lieu ; et voici que j'y entends résonner doucement un chalumeau, si bien que le troupeau du musicien s'est mis en danse. »
Ce berger, qui vient faire sa sieste, aperçoit Laurent. Domptant sa timidité première, il le salue et lui demande le motif de sa venue. Il admire que les spectacles de la nature et de la vie agreste occupent les contemplations d'un citadin comme lui. Veut-il, par le contraste d'une vie dénuée, relever à ses propres yeux des jouissances que son goût blasé n'apprécie plus ? — Laurent répond en célébrant les charmes d'une existence rustique, il oppose les voluptés simples, mais vraies, du pasteur aux plaisirs factices, compliqués, vaniteux, des riches. Le thème n'est pas neuf, mais il s'amplifie avec une élégance aisée. — Le berger riposte naturellement par le tableau de ses misères : le froid, le chaud, etc.. < un vase de terre brisé, qui est autant pour lui que, pour l'étranger, un vase d'or. . . >
...Pende ciascun nella sua croce.
Laurent conclut par ce lieu commun :
Maleontento ciascun, noti sol noi dua.
Tout à coup le sou d'une lyre se fait entendre, c On eût dit celle d'Orphée, ou la Lyre céleste qui serait tombée de la sphère des étoiles fixes. »
— Marsile paraît
Mârsiuo abitator del monte vecchio, Nel quale il cielo ogni sua grazia infuse, Perch' ei fosse a' mortali sempre un specchio.
Amator sempre délie santé Muse.
Le philosophe salue Lauro (Laurent) et Alfée (le berger).
— « Pourquoi le premier s'est-il dérobé aux choses publiques dont il porte le faix? »
Et Laurent: « — Délivre- moi, ô Marsile, de tout souci politique, pour que je récrée mon âme en contemplant ici l'existence pastorale enviée par moi. »
II expose l'objet de sa controverse avec le pâtre et demande à Ficin lequel des deux genres de vie est préférable, lequel est le plus éloigné du vrai bien, et quel est ce bien.
« Le monde le donne-t-il, ou Dieu? »
Le sage analyse tous les biens prétendus :
Dominalion,
I\icIl68SCS
10 De la fortune., l Honneurs!
Bienveillance des hommes-
Vigueur,
30 Du corps \ Santë,
Beauté.
3» De
l'âme.