LAURENT DE MÉDICIS
D'où vient que ta lueur encore se surpasse, Aux flèches d'Apollon envoyant ses défis ?
Peut-être les beaux yeux que la mort nous a pris Trouvèrent un refuge en ton giron, et grâce A leur rayonnement qui tout éclat efface. Tu peux ravir son char au blond Phœbus surpris.
Vite ! Étoile nouvelle, auguste enchanteresse Du ciel que ta lumière 'envahit, ô Déesse, Écoute nos soupirs, daigne exaucer nos vœux.
Mais, quand dans Tinfini te suivent nos prières, Mesure tes bienfaits aux mortelles paupières, Et tempère tes dards qui brûleraient nos yeux.
Bientôt monotones, ces régals pourtant sont chers aux dilettanti. Dans la terre classique du sonnet surtout, cette forme est une sorte de dégorgement du cœur par rîmagînation ; mais vite les rimeurs transis sont là avec Yithos et le pathos ! Bernin talonne Laurent et Michel- Ange, ce soupiran t mystique de la belle VittoriaColonna. Certaines décadences, dont nous sommes encore loin d'ailleurs, peuvent plaire en poésie comme en peinture. Il y a de l'Albane dans ces fantaisies papillotantes, dont je cherche autant que possible Téquivalent, Pour traître et imparfait qu'il soit, le vers seul rend le \ers, surtout en ces jeux d'arabesques tout en Phœbus et en rébus.