Morg. Magg.y c. i, st
LITÏGI PULCI. — LE « MORGANTE MAGGIORE ». 4i3
Car la manne du ciel pleuvait sur eux, pour sûr.
Mais ce qui pleut sur nous, — tu vas voir, — est plus dur.
Piovea dal ciel la manna, questo è certo ; Ma qui convien che spesso assaggij e guste Sassi, che piovon di sopra quel monter Che gettano Alabastro, e Passamonte, E H terzo, ch'è Morgante^ assai più fiero ^ .
Tandis qu'ils devisent, un roc lancé manque écraser Rondel, le destrier du preux. Et Tabbé : « Gare, chevalier, c'est la manne qui tombe *^ ! »
Tirati drento, cavalier, per Dio, Disse TAbate, che la manna casca.
Alors le preux s'arme et va combattre les géants. Il tue Passement et Alabastre. Pour Morgante, son vainqueur est l'Esprit-Saint qui lui envoie un songe où le païen se voit délivré par Jésus d'un serpent contre lequel Mahom ne l'a pu défei^dre.
Aussi, loin d'attendre en ennemi le paladin, lui demande-t-il s'il est chrétien, et, sur sa réponse, lui conte sa vision. Et Roland de lui offrir le christianisme, comme il lui eût proposé... la botte ^ à brûle-pourpoint. Le géant est tout disposé. En un clin d'œil converti, mené à l'abbé, Morgante devient le compagnon du chevalier qu'il sert dès lors avec une fidélité canine '\