Morg. Magg.^ c ix, st
464 LES MËDIGIS.
chevaleresque ne fut pas leur vertu. Il y a de ces contrastes peut-être nécessaires entre Tidéalité d'un temps et ses réalités. Les bergeries de Florian, les effusions de Sedaine, mouillèrent les yeux de Marat des douces larmes du sentiment.
Ce premier sp*écimen du récit pourrait suffire. Comment analyser avec la même suite tout le poème en sa teneur? Il faut abandonner le fil capricieux de Thistoire, quitte à le ressaisir épisodiqueraent à travers les coups de lance de nos héros et des traîtrises le Gan de Ponlier. Et toujours le battant de cloche de Morgante fait des siennes, couchant à terre les escadrons, comme la faucille fait le blé mûr.
 tout instant (détail de tradition) les païens déconfits maudissent leur dieu Mahom ou Appollino : ces deux noms s^équivalent sous la plume légère de Pulci.
... siamaladetta Tua deità, Maçon...
La pensée railleuse et dégagée du poète s'enveloppe ainsi du voile des légendes romanesques. Il s'y joue et en joue, brouillant les mythes et les faits de Thisloire.
Ainsi Shakspeare, dans l'impalpable tissu de sa Féerie, romantisela tradition classique, érigeant le héros Thésée en paladin, duc d'Athènes, mêlant les sylphes aux Déesses, estompant les ligues correctes de Thorizon grec sous les flottantes vapeurs d'une nuit d'été dans les régions du Nord. J'aime ces transpositions de la fantaisie,
cet alliage des mœurs, des paysages, des croyances adverses, dans un ensemble idéal dont l'imagination vulgaire fournit le motif, grâce aux confusions, aux spropositi de souvenirs fragmentés et incomplets.
Source des langues, des cultes, le peuple fut ainsi, il doit rester dans une mesure appréciable, bien que réduite par le niveau montant et de plus en plus étendu des connaissances positives, l'inspirateur naïf et puissant du Drame, du Roman, de TÉpopée. Il doit fournir le fond de ce qui entre forcément d'illusion et de qaensonge dans la poétique représentation des forces naturelles et des types humains.
Ainsi la Fable, la Légende et les incantations magiques se succèdent en notre poème, mêlées aux tours facétieux. Les nécromans se livrent à d'aimables plaisanteries, changeant l'épée et le destrier d'un preux pour le glaive et le coursier d'un autre paladin. Les lions familiers servent de commissionnaires, portant les lettres des héros ^ Entre temps continuent les conversions d'infidèles, suivies de leur baptême, selon l'expéditif procédé dont on a vu des exemples.
£ cominciô a dolersi di Macone^ Dicendo : tu se' falso veramente,
. . . . degno Carlo mano,
lo mi Yo' battezzar colla tua mano ^.