‹ Les MédicisChapitre 218 sur 262 · Morg, Magg.f c. xxv, st · texte numérisé non relu

Morg, Magg.f c. xxv, st

AH LES MÉDIGIS.

Il s'offre à les y chercher et à les porter à Roncevaux. Pour accomplir cette mission, il entrera dans le corps du cheval Bayard. L'enchanteur demande alors au démon de lui prédire les événements qui suivront l'arrivée de Roland en Espagne. Âstaroth lui répond :

« — Le discernement de ces choses est obscur; — j'y penserais toute cette nuit — que je n'en jugerais pas plus sûrement,

— car les routes du ciel sont rompues pour nous ; — comme astrologues, nous voyons le futur, — de môme qu'entre vous maintes doctes personnes, — auxquelles n'échapperaient homme ni animal, — si on ne leur avait rogné courtes les ailes.

> Je te pourrais parler du vieux Testament, — et de ce quia été auparavant; — mais toute chose ne vient pas à notre oreille, — parce qu'il n'y a qu'un premier omnipotent^ — où toujours chaque chose comme en un miroir, — le futur et le passé sont présents. — Celui qui fit tout, seul sait tout, et son Fils ne sait pas toute chose (I) ^ >.

La thèse est audacieuse pour le temps, bien qu'aventurée sous le prête-nom d'un diable. Le poète poursuit, par l'organe de ce docteur infernal, sa théorie de la prescience divine :

« ...Je ne puis te dire, si je n'y pense, — ce qui doit s'ensuivre pour Çharlemagne; — sache que tout cet air est rempli

— d'esprits, chacun avec l'astrolabe en main, — et tous les moyens de calcul, et les livres de compte ; — le ciel menace de quelque cas étrange, — sang, trahison, guerre et embarras, — car Mars est angulaire dans le Scorpion.

» Et pour que, mieux tu Pentendes, en ascendant >- il se

i. Morg, Maggiy c* xxv, sU 135-136.

retrouve en conjonction avec Saturne — si puissant dans sa révolution^... »

On remarquera le même fonds d'idées astrologiques que nous venons d'étudier chez Marsile Ficin. « Ces signes ne sauraient mentir : ils annoncent les révolutions et les guerres*. Mais Gan, Fauteur de ces maux, pleurera ses crimes en enfer ^. » Un point offusque Maugis, rinfériorité de connaissance qu'Astaroth attribue au Fils à l'égard du Père *. Il interroge à ce sujet le diable théologien qui répond par ce curieux discours :

w... Tu n'as pas bien lu — la Bible, et il me semble que tu as pou d'accointance avec elle : — en ^et, le Fils, interrogé touchant le grand jour des rétributions, — dit que le Père le savait seul^. »

Là-dessus» le subtil Astaroth explique à sa manièi'e la Trinité : il définit en vrai disciple de Marsile le Dieu Un en trois personnes :

Un motor donde ogni moto dériva.

Un ordin donde ogni ordin sia costrutto : Una causa a tutte primitiva.

Un poter donde ogni poter vien tutto»

Un foco donde ogni splendor s*avviva, Un principio onde ogni principio è indutto,

i. Morg. Magg.y c. xxv, st. 137-138.

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