Morg, Magg,^ c. xxv, st
Après cette conférence, le serviable démon part comme une fronde dans les airs pour remplir sa mission. Le poète profite de Tintermède pour remercier des sources qu'il lui a ouvertes « son cher Angiolino, ce Politien, honneur et gloire de Monte Pulciano, son guide fidèle, qui lui a fait connaître les écrits d'Arnaud et d'Alcuin >>.
...Ne ringrazio il mio car Angiolino, Sanza il quai molto laboravo invano, Fida scorta m'ë stato al mio cammino, Onore e gloria di Montepulciano, Ghe mi dette d'Arnaldo e d'Alcuino Notisia, e lume del mio Carlo mano ; Ch' io ero entrato in uno oscuro bosco, Or la strada e '1 sentier del ver conosco *.
L'auteur du MorgarUe excelle en ces diversions, en ces allusions voilées et directes aux choses et aux hommes, aux doctrines de son temps ; Arioste ne s'y jouera pas avec un plus gracieux laisser-aller ; Byron, dans son Don Juan, ne promènera pas avec plus de désinvolture son Pégase fantastique et vagabond. Gomme il fait parler le roi Marsile en vrai musulman à ses soldats! On a déjà remarqué, dans le Traité De Christiana religione de Ficin, de quel large point de vue le mahométisme était jugé par ces hommes de la Renaissance. Qu'il y a loin de cette appréciation exacte et équitable aux jugements que le Moyen-Age portait sur le culte infidèle I Pulci, au contraire, est bien informé des