Morg. Magg., c. xxv, st
Ils vont, les deux destriers, d'un élan sans trêve, affolé comme le vol des cavales noires qui portaient Faust et Méphistophélës.
Quand les sauts de leurs coursiers sont par trop vertigineux (ils ne font faute de franchir, comme un fossé, vallée ou bras de mer), les héros ferment les yeux pour ne pas voir Tabîme. S'ils ont faim, soudain un riche pavillon se dresse oîi un festin magnifique est servi...
« Eh là-bas I majordomes, disposez notre maison^ I » crie Astaroth.
Et les mets les plus succulents de couvrir la table improvisée... Il y a surtout un certain plat de becflgues et d'ortolans gras, que le poète célèbre en vrai gourmet toscan, et dont il se lèche mentalement les doigts... Il rappelle ainsi Tantique origine de ce régal, notant toutefois que la Toscane ne possédait pas alors ce gibier divin : l'ortolan, cet t orgueil » de Prato*.
Ici, Puici glisse, en bouffonnant, une de ses hardiesses les plus scandaleuses contre la légende évangélique... Les facéties de Voltaire, ses parodies de l'Ancien et du Nouveau Testament, ne dépassent pas en audace irrévérencieuse ce Christ que le poète nous montre apparaissant à Madeleine sous la forme d'un ortolan ^. Il a beau mettre cette impiété sur le compte d'Arlotto de Piova,