‹ Les MédicisChapitre 230 sur 262 · Morg. Magg., c . xxv, st · texte numérisé non relu

Morg. Magg., c . xxv, st

décret qui vous condamne, comme je me souviendrai de ton bienfait pour obtenir ta grâce I s

A ces VŒUX bienveillants pour son salut, le diable répond avec une amère humilité :

« J'accepte ton bon vouloir, — mais pour nous à jamais les clés sont perdues; — la Majesté lésée est robstacle infini (défaut, infinito difetto), ^ 0 fortunés chrétiens^ il parait que vous lave — une seule, larme avec le poing à la poitrine — et cette parole : Seigneur, iibi soli peccavi, — Nous péchâmes une fois, et sempitemellement — nous sommes relégués tous dans l'Enfer.

» Si pourtant après un million et un millier — de siècles, nous espérions revoir — les moindres étincelles de cet amour, — tout poids serait encore léger ; — mais quel besoin de faire ces requêtes (postille)? — si cela ne se peut, ne se doit point vouloir? —Aussi, je te prie de consentir — que nous changions de propos*. »

Ainsi notre poète mêle constamment la spéculation à la fantaisie. Les deux paladins, dans leur course effrénée, passent à Gordoue,

« Où, disent les historiens et les poètes, — naquit Avicenne, celui qui comprit — les opinions et les secrets d'Aristote, — et Averroès, qui fit le grand commentaire '... »

Ce dernier trait est pris au Dante ; c'est spn vers bien

connu :

Averrols che 'Igran comento feo^.

Page 1