Dante, Div. Com^, lnf,y c. viii, terz
516 LES MÉDIGIS.
ne peut toujours .prendre au sérieux ni son merveilleux diabolique, ni son chevaleresque idéal. La caricature, dont il a fait un si fréquent usage, perce encore au milieu de ces peintures qu'il voudrait rendre effrayantes. Il compare la mêlée de Koncevaux à Técume de l'infernal pot-au-feu {btilicame)y à une casserole où cuit un vaste ragoût (saupiquet) de sang. Â tout instant, ses comparaisons grotesques, empruntées le plus souvent à la langue culinaire, déroutent les définitions du lexique et le savoir des glossateurs spéciaux. Qu'est-ce au juste qu'un guazzabuglio ribollito {une sorte de ripopée?), que rappellent à notre poêle les débris humains, les membres épars. et sanglants confondus sur le champ de bataille? Comment élucider ces problèmes qui embarrasseraient les plus experts en l'art de gueule * ? Malgré les difficultés de l'interprétation, le traité latin sur la cuisine d un contemporain, Platina, pourrait éclairer à cet égard les curieux ^ Les indications de Pulci où les condiments aromatisés jouent un grand rôle, son mortito di san-