Morg. Magg.yC. xxvii, st
« L'histoire dit que Roland frappa — sur un roc sa belle Durlindana {Durandal), — plusieurs et plusieurs fois de toutes ses forces, — et il ne put ni la rompre, ni la faire ployer, — et le rocher se fendit, comme s'il était une pièce de bois ^ »
Le val de Gavarnie montre encore aux voyageurs sa Brèche de Roland. Notre auteur tient à s'appuyer de leurs récits ; car il ajoute :
« Tous les pèlerins rapportent de Galice le témoignage encore évident, — d'avoir vu le rocher et le cor fendus*. »
Le poète est en règle, au moins pour le rocher; le moderne touriste^ moins heureux que les anciens pèlerins, voudrait bien voir le cor dont la rupture merveilleuse est signalée plus haut :
Ë sonè tanto forte, che lo intese {Carlo)y E 1 sangue uscl per la bocca e pel naso. Dice Turpino, che il corno si fesse, La terza volta che a bocca sel messe ^.
u Roland dit : 0 Durlindane forte, — si je t'avais connue d'abord — comme je t'ai connue maintenant, à ma mort, — de tout le monde j'aurais fait peu d'estime, — et je ne serais pas parvenu à ce triste sort. — Je t'ai plus d'une fois, me livrant à toute escrime, — pour n'avoir su quelle vertu régnait en toi, — épargnée, ô mon épée si digne*! »