Morg. Magg.j c, xxvii, st
3* Morg^ Magg*, c. xxvii, st. ïlG-117*
LUIGI PULCl. — LE « MORGANTE MAGGIORE ». 527
C'est répondre en vrai casuiste, en clerc au fait des définitions de la theologia moralis.
« L'autre péché, continu e-l-il, est de n'avoir pas épousé — la sœur du marquis ; — ce sont mes deux premières offenses contre Dieu ; — Tautre est un péché qui me coûta cher, — comme chacun sait; c'est d'avoir tué Donchiaro,
» Turpin dit : Il te fut commandé, — et l'obéissance plaît tant à Dieu — qu'il te sera facilement pardonné ; — de Charles, par son peu de révérence, — je sais qu'il iPonchiaro) s'est de bonne heure attiré ce traitement. — Quant à Aide la belle, si, en ta conscience, — tes œuvres et tes pensées ont été chastes, — je crois que cela te suffit auprès de Dieu.
» As-tu quelque autre chose à dire dont tu te souviennes ^ ?»
Turpin mène rondement la confession , — prêtresoldat compatissant aux faiblesses humaines et expéditif comme son épée. Figure très-fine, très-sympathiqùe dans sa rudesse, et dont l'indulgence presque narquoise contraste avec les scrupules dévots du chevalier.
«...Roland répondit : Nous tous humains sommes — superbes, envieux, colères, gourmands, — paresseux, goulus et vains en pensers, — prompts à pécher, aveugles et sourds pour bien faire; — et ainsi j'ai, entre les péchés mondains, — celui de n'avoir pas par paresse et lâcheté — accompli les œuvres de miséricorde.
» Je n'en sais pas d'autres qui soient des péchés graves. — Turpin dit : Eh bien ! il suffît d'un Pater nostert — et de dire seulement : Miserere, ou, si tu veux : Peccavi; — et je t'absous en vertu de notre office — du grand Géphas, qui est muni des clés, — pour te coUoquer dans le cloître éternel 2. »