Morg. Magg.f c. xxvii, st
LUIGI PULGI. — LE « MORGÂNTË MÂGGIORË ». 529
»...Je connais notre existence vaine, — vanitas vanitatunij pleine d'erreurs, '— si bien que, de tout ce que j*ai opéré dans le monde, — je ne rapporte à la fin que péché ;
» Sauf, si jamais il fut conforme à ta volonté — que je dusse guerroyer sous ton signe, — pour ce cependant j'espère en ta miséricorde ^ »
Le preux reparaît avec le sentiment profond de sa mission accomplie, comme une sorte de prêtrise que Vordre de chevalerie imprime à ses oints... Dover col tuo segno militare... Est-ce sur cette grâce spéciale, ou sur sa dignité de chrétien comprise comme l'entendit Savonarole avant Luther, comme un sacerdoce universel, que Roland fonde une prétention bien peu respectueuse pour la hiérarchie ecclésiastique? Doutant de l'absolution du prêtre, il présente directement son repentir à la clémence de Dieu. Pleins de pressentiments hérétiques, les vers suivants sont très hardis :
...Perche tu sol mi puoi perdonare, Benchè a Turpino il dissi genuflesso, Di nuovo a te, Signor, mi riconfesso'.
« Je me reconfesse à toi de nouveau, Seigneur, toi seul peux me pardonner. »
Suit une exposition dogmatique digne d'un théologien de profession. Le chevalier y déploie tant de science et de foi que l'ange Gabriel qui descendra pour