Morg, Magg.y c. xxvii, st. 12b
530 L£S MÉDIGIS.
l'assister ne voudra pas rester en arrière, développant dans une longue homélie les mystères abstrus du christianisme. Entre le sérieux du langage et l'intention probable de Pulci accusée par tant d'endroits de son poème ouvertement ironiques, le lecteur demeure suspendu : il ne sait pas jusqu'à quel point notre auteur se joue de lui-même et de lui.
« Quand tu nous créas, Seigneur, d'abord, — parce que tu es magnanime et miséricordieux, — je crois que tu eus cette intention — que nous fussions tous fils de Dieu ; — si ce serpent avec sa lime sourde ^ — tenta Adam, tu as payé la peine,— comme un grand Seigneur, non obligé, — puisque aussi il était formé de ta main.
» Je te recommande ma belle Aide, — laquelle sera bientôt pour moi en noirs habits; — si elle prend un autre époux après Roland, — qu'elle soit mariée avec une meilleure fortune.»'— Seigneur, si tu veux que je te fasse encore une prière, — souviens-toi de ton bon vieux Charles — et de tes serviteurs, modèles dans lesquels je me contemple.
» Après que Roland eut dit ces paroles, — avec maints amers larmes et soupirs, — il sembla que trois cordes ou trois lignes du Soleil — vinssent ici-bas comme dardées par Iris. — Renaud et les autres étaient là, conune soûle — qui père ou mère regarde expirants, — et un chacun telle contrition avait — qu'on eût dit qu'apparaissait François aux stigmates ^ »
François aux stigmates! Le grand saint du catholicisme démocratique, l'époux de la pauvreté ^ dans le sein duquel s'ébattaient les passereaux» . * « Con cantare